samedi 31 mars 2012

La Ligue 2, un hall de gare

Salut à tous,

Descendons d'un cran, histoire de jeter un œil à l'étage inférieur, en Ligue 2, histoire de voir un peu ce qui s'y passe. Étrange championnat que cette compétition qui aujourd'hui est plus un hall de gare qu'autre chose : les clubs y passent dans un sens, puis dans l'autre. Ainsi, Grenoble, après être monté en Ligue 1 en 2008 à la surprise générale, est redescendu en 2010 avant d'enchaîner une deuxième descente l'été dernier. Même chose pour Strasbourg, descendu en Ligue 2 en 2009, puis en National en 2010 avant d'être d'être rétrogradé en CFA 2, ou de Istres, qui a connu un délicat passage éclair en Ligue 1 en 2004/2005, puis dans la foulée deux saisons en National de 2007 à 2009 avant de remonter... et de jouer la montée cette année !

Aujourd'hui, aucune des trois équipes reléguées, Lens (11e), Arles-Avignon (13e) et Monaco (14e) n'est en position de monter. Elles seraient même plutôt menacées par la relégation, elles aussi... De leurs côtés, Le Mans et Boulogne, qui sont toutes deux descendu en Ligue 2 en 2010, sont relégables aujourd'hui. Bref, l'époque où la logique faisait des clubs relégués les grands favoris pour la remontée est révolue. Ainsi, depuis 10 ans, seuls Caen (2010), Lens (2009), Nantes (2008), Strasbourg et Metz (2007), Le Mans (2005) et Metz encore (2003) sont remontés immédiatement après leur descente, soit un taux de remontée de 23 %, moins d'une chance sur quatre. Un chiffre encore élevé, mais qui devrait baisser cette année a priori.

Dans le même temps, des équipes passent par la Ligue 2 dans le sens inverse, c'est-à-dire du National à la Ligue 1 en moins de deux ou trois saisons, à l'image de ce que va très probablement faire Bastia, pourtant promu cette année. Evian-T-G l'a fait l'an dernier, Arles-Avignon l'année d'avant, Boulogne également en 2009 ou Valenciennes en 2006. Alors qu'à une époque, on avait l'impression de voir toujours les mêmes équipes en Ligue 2, avec des remontées ainsi que des redescentes plus fréquentes, aujourd'hui elle change de visage quasi tous les ans. La Ligue 1, d'ailleurs, en est également bouleversées : au hasard, en 2004/2005, Nancy (1er), Dijon (4e), Montpellier (8e), Brest (9e) et Lorient (14e) évoluaient en Ligue 2, quand Monaco (3e), Lens (7e), Strasbourg (11e), Metz (16e), Nantes (17e), Bastia (19e) et Istres (20e), soit plus du tiers du championnat, les narguaient d'une division !

Passons à cette saison avec, on l'a donc vu, des relégués à la peine, même si Monaco est actuellement en train de profiter de son recrutement luxueux de cet hiver pour redresser la barre, et sans doute assurer un maintien qui était loin d'être acquis il y a deux mois. Croyez-moi si vous voulez, mais Kagelmacher, Wolf et surtout Nabil Dirar (auteur de 4 buts en Europe League avec Bruges cette année !), Nacer Barazite (qui lui en avait marqué 11 avec l'Austria Vienne !) et Ibrahima Touré (déjà 6 buts en 9 matches), sans parler de Hansson, Giuly ou Vahirua, n'ont rien à faire en Ligue 2. Ainsi, Monaco est deuxième des matches retours, derrière Bastia... à ce rythme, on devrait revoir l'ASM en 2013.

Par ailleurs, on a droit aux prototypes habituels ces dernières années en matière d'équipes candidates à la montée. Un promu ambitieux (Bastia, 13 points d'avance sur Troyes, qui joue lundi à Nantes), un glorieux ancien (Reims, un peu comme Valenciennes ou Saint-Étienne il y a quelques années), un habitué malheureux du haut de tableau de la Ligue 2 (Sedan), un favori logique (Nantes) et quelques équipes qu'on n'aurait jamais pensé pouvoir se mêler à cette lutte, à commencer par Clermont (3e), mais aussi Troyes (4e), Tours (6e), Châteauroux (7e) et même Istres (8e). Trois d'entre eux ont déjà connu la Ligue 1, mais ça commence à dater, et la prescription est de mise. Istres et Troyes, qui sont dans ce cas, sont entre temps passés en National, par exemple...

Bastia domine donc les débats, grâce à une force impressionnante à domicile, Furiani demeurant toujours aussi intimidant, mais aussi un recrutement très intelligent. Pour un promu, débaucher gratuitement Maoulida et Rothen, c'était vraiment bien joué. Les Corses possèdent la meilleure attaque (50 buts) et la meilleure défense (25e), celle-ci ne comportant pourtant pas des clients connus à l'étage supérieur. Mais en Ligue 2, Moizini, Sans ou Harek, c'est costaud. Et au milieu, Rothen, bien épaulé par Cahuzac ou Choplin, se régale pour lancer ses flèches, Maoulida, Khazri et Diallo, déjà signé par Rennes pour l'année prochaine. Les deux autres promus se comportent diversement : si Guingamp est bien au chaud à la 10e place, Amiens, dernier avec 10 points de retard sur Angers, 17e, est déjà condamné, ou presque. L'année dernière en National, sept et quatre points séparaient ces trois équipes... sauf qu'Amiens était devant Guingamp. Aujourd'hui, les écarts sont de 21 et 14 !

Reims, et son meilleur buteur Kamel Ghilas (13 buts), et Clermont suivent, mais ils sont tous les deux à la peine en 2012 (8e et 13e des matches retours avec 16 et 11 points en 11 matches) et ne comptent plus qu'une poignée de points d'avance sur Troyes, qui sera sur le podium en cas de victoire à la Beaujoire, lundi, et sur Sedan, Tours, etc. On n'est pas à l'abri d'une arrivée au finish, comme l'an dernier avec la promotion d'Ajaccio (64 points) et surtout Dijon (62), qui avait in extremis grillé Le Mans pour... 4 buts ! Des totaux de points extrêmement faibles, qui montraient à quel point la lutte avait terrible. De toutes façons on aura une surprise : à moins que Nantes et Monaco, qui compte quand même 11 points de retard sur le podium à 8 journées de la fin, et à un degré moindre Sedan, qui vise tous les ans la montée, grillent Reims et Clermont, on aura forcément un ou deux clubs inattendus en Ligue 1 l'année prochaine. Vous me direz, elle a l'habitude : des clubs historiques comme Nantes, Lens, Monaco ou Strasbourg manquent à l'appel, ce qui profitent à des clubs étonnants comme Dijon, Evian, Ajaccio... voire même Lorient, qui ne connaissait pas la Ligue 1 il y a une douzaine d'années.

Et la Ligue 2 n'est pas au bout de ses surprises, puisqu'elle pourrait bien voir des monuments du football français comme Sochaux, Auxerre ou Nice fréquenter ses rangs l'année prochaine. Le mouvement perpétuel entre les deux divisions n'a pas fini de chambouler les statuts du football français...

A plus tard !

mercredi 28 mars 2012

L'OM a fait ce qu'il pouvait

Salut à tous,

Bon ben voilà, je dirais pas que je me suis planté complètement, parce que ce match aurait pu être tout autre selon l'efficacité de chacune des deux équipes, mais quand même... malgré tous les efforts du duo de commentateurs pour nous faire croire le contraire, il n'y a pas eu photo ce soir.

J'ai parfois eu l'impression d'assister à un de ces matches de Coupe de France, déséquilibrés sur le papier mais aussi sur le terrain, entre une équipe professionnelle supérieure techniquement, face à une équipe amateur volontaire, disciplinée, qui laisse la possession du ballon à son prestigieux adversaire, et misant tout sur les contres menés par des attaquants rapides, mais peu soutenus. Dans ces cas-là, le plan du "petit" marche, parfois, mais parfois non, on l'a vu.

Surtout, il ne s'agissait pas d'un 64e de finale de Coupe de France, mais un quart de finale de la Ligue des Champions, et c'est ça qui est triste : accablé par les absences et sa série de contre-performances, Marseille n'avait pas d'autre choix que de se mettre dans la peau d'un club de CFA affrontant une Ligue 1, et non dans celui de l'égal du Bayern, à ce niveau de la compétition. L'OM aurait-il été mis en morceau s'il avait plus attaqué ? On ne le saura jamais, à moins qu'au retour...

Les hommes forts, côté Olympiens, ont été les quatre axiaux défensifs, notamment un très bon N'Koulou, qui évoluaient quasiment au même niveau, Diarra et M'Bia soutenant régulièrement leurs deux coéquipiers de la charnière centrale face aux incursions de Gomez et Müller, avec succès la plupart du temps. Sur les côtés, Azpilicueta a bien tenu Ribéry, Morel moins face à Robben, auteur d'un but et d'une passe décisive. Mais les deux avaient manifestement interdiction ferme de ne pas monter. Il faut dire que le premier était soutenu par Amalfitano, qui a rarement évolué plus haut que la ligne médiane, défendant beaucoup, parfois dans l'axe sur Kroos, alors que le second était un peu plus livré à lui-même, Ayew attaquant beaucoup plus que son pendant à droite.

A la récupération du ballon, Marseille n'attaquait donc plus qu'à trois, avec Valbuena, Rémy et Ayew. Ça aurait d'ailleurs pu marcher, Rémy, notamment, se créant au moins deux occasions nettes face au but de Neuer. Ayew, lui, a souvent fait la différence, mais il était trop seul. Même chose pour Valbuena, qui a du tricoter une bonne vingtaine de pulls, sans réellement parvenir à se frayer un chemin dans le bloc défensif allemand. C'était tout pour le jeu des Marseillais, et ça ne pesait pas lourd face au Bayern.

Comme souvent en Ligue 1, l'ancien de Libourne s'est montré dangereux sur coup de pied arrêtés, sur lesquels le Bayern a confirmé que sa défense était loin de sa meilleure arme, mais malgré l'apport dans les airs des grands du milieu, M'Bia et Diarra, ça n'a pas suffit. En face, aucun des quatre attaquants bavarois n'a réalisé le match de sa vie, mais Gomez a fait du Gomez : maladroit balle au pied, il a cadré deux fois sur deux et a marqué une fois, grâce à l'aide des gants d'Elinton Andrade, qui a confirmé les craintes que l'on pouvait avoir à son sujet. Bracigliano s'était raté à Quevilly ? Il me semblait quand même un peu plus sûr que l'improbable gardien brésilien, dont la seule expérience se résume au championnat de Roumanie, deux années de banc à Ascoli, en Serie A, et une poignée de matches de Ligue Europa, contre les 149 matches de Ligue 1 de l'ancien Nancéien. Pas sûr que Deschamps ait eu la meilleure inspiration de sa vie sur ce coup là. Ça prouve également qu'il va falloir étoffer ce poste là côté Marseillais, à l'avenir...

Évidemment, tout n'est pas à mettre sur le dos d'Andrade, qui ne pouvait pas non plus faire des miracles après 14 mois sans jouer. Mais revenir de la pause à 0-0 ou à 0-1, ça n'est pas tout à fait la même chose, et ce but a forcément fait très mal à des Marseillais qui ont du logiquement prendre un peu plus de risques après la pause, offrant ainsi les espaces que ne parvenaient pas à trouver les Bavarois jusqu'au but de Gomez. Finalement, compte tenu de la physionomie du match, et notamment de la deuxième mi-temps, les Marseillais s'en sortent presque bien.

Évidemment, ce n'est pas le retour de Mandanda qui va offrir plus de chances de qualifications aux Olympiens à Munich. L'amélioration de l'état physique de Rémy, pourtant le plus dangereux provençal ce soir, un peu plus. Il faudra bousculer un Bayern qui n'en a pas vraiment l'habitude sur sa pelouse, et ne pas lui offrir trop de contres. Mais est-ce qu'avec cette défaite, les hommes de Deschamps ne vont-ils pas définitivement tourner leurs esprits vers les objectifs qui leurs restent, à savoir une qualification européenne et la finale de la Coupe de la Ligue, le mois prochain contre Lyon ? Surtout, est-ce que ça ne serait pas dans leur intérêt ?

Autre chose : le Stade Vélodrome a prouvé ce soir que les véritables publics de foot, ceux qu'on voit en Angleterre ou en Allemagne, qui se mobilisent dans les grands matches, et notamment dans les mauvais moments de leur équipe, ça n'existe pas en France, hormis, un peu, à Lens ou Saint-Étienne. Ne pas remplir le stade pour un quart de finale de Ligue des Champions parce que les résultats ne sont pas bons, c'est une attitude de spectateur, pas de supporter. Et siffler en bloc Ribéry parce que c'est la mode depuis deux ans de le détester en France, alors qu'il a peut-être été l'attaquant marseillais le plus excitant de ces deux dernières années, c'est une attitude de crétin, il n'y a pas d'autres mots. Ce n'est pas typiquement marseillais, on voit ça partout en France.

A plus !

Marseille peut le faire

Salut à tous,

Ce soir, Marseille fait face au plus grand défi de sa saison, et ce dans les pires conditions possibles. Le club phocéen ne gagne plus depuis plus deux mois et huit matches consécutifs, toutes compétitions confondues, depuis la victoire contre l'Inter Milan, au match aller du tour précédent en fait, et doit faire avec la suspension de son gardien et capitaine, Steve Mandanda, ainsi que la blessure de son meilleur défenseur, Souleymane Diawara, et peut-être de son meilleur attaquant, Loïc Rémy. Manquerait plus que son meilleur milieu, Benoît Cheyrou, se blesse en allant promener son chien, et ce serait la totale. En tous cas, face à un Bayern très au-dessus du lot en ce moment, tout ces pépins semblent rédhibitoires pour une qualification éventuelle, sachant que même au complet, l'équipe provençale n'aurait pas été favorite face à ce qui est pourtant son double allemand. Ou du moins son modèle.

Et pourtant, selon moi, il y a des raisons d'espérer. Pour la qualification, je ne sais pas, parce qu'à domicile le Bayern est difficilement prenable, et capable de dominer n'importe qui, parfois dans des proportions sidérantes. Mais pour ce soir en tous cas, y a moyen de faire un résultat qui n'assurera pas forcément à l'OM une place en demi-finale, mais pourra peut-être le requinquer, le relancer dans sa course à l'Europe en championnat.

D'abord, Marseille est également très solide à domicile : cette saison, sont venus perdre au Vélodrome Dortmund, et pas qu'un peu (3-0), le même club qui domine le Bayern de cinq points en championnat, s'il vous plait ; le PSG (3-0), Lille (2-0) et l'Inter Milan, on l'a vu (1-0). C'est vrai, en phase de poule de la Ligue des Champions, Arsenal et l'Olympiakos étaient venus s'imposer au Vélodrome (0-1), mais quand même, ça prouve que dans les très grands matches, face à des adversaires extrêmement redoutables, Marseille est capable de s'imposer. Rappelons que durant les 15 dernières années, Chelsea est venu perdre deux fois boulevard Michelet (1-0), en février 2000 et en décembre 2010 ; Manchester United est venu y concéder un nul en février 2011 (0-0) après y avoir perdu en octobre 1999 (1-0). Alors bien sûr, là encore il y a aussi eu des échecs, comme les deux visites de Liverpool (0-4, 1-2) et celles du Milan AC en septembre 2009 (1-2) et du Real Madrid deux mois plus tard (1-3), mais l'essentiel est dit : Marseille sait gagner face aux gros. Surtout que, malgré sa grande forme actuelle et ses ambitions continentales, le Bayern n'est pas le Milan ou le Real. Ce n'était pas un bon tirage, mais ce n'était pas le pire.

Dortmund, on l'a vu, est venu perdre largement à Marseille, et le champion d'Allemagne ressemble beaucoup à son dauphin bavarois : une force offensive extrêmement impressionnante, façon teutonne, mais aussi une défense qui, si on ne peut pas la considérer comme poreuse, n'est pas impassable. Comparée à l'attaque du Bayern, constituée de deux des meilleurs ailiers du monde, Robben et Ribéry, et un des meilleurs attaquants mondiaux, Gomez, eux-mêmes assistés par des clients comme Müller, Kroos ou Schweinsteiger, s'il est remis, la défense ferait presque peine à voir. D'abord, Daniel van Buyten, qui aurait pu tout autant que Ribéry effectuer un retour triomphal dans la cité phocéenne, est blessé. Ensuite, la charnière actuelle, composée certes de deux internationaux allemands, Boateng et Badstuber, ne présente pas les meilleures garanties. On a vu lors du dernier Allemagne-France (1-2) que le second, remarquable gaucher relanceur, n'est pas forcément le meilleur défenseur du monde, notamment lorsqu'on joue vite dans son dos. Le premier nommé, lui, est régulièrement aligné sur le côté droit, a souvent des moments d'absence et des manques tactiques à ce poste, sans parler du manque d'automatismes avec son partenaire. Rappelons cependant que malgré cela le Bayern n'a pris que 6 buts lors de ses 13 derniers matches... peut-être parce qu'il possède aussi un des tous meilleurs gardiens de la planète, et le plus cher de l'Histoire aussi (25 millions d'euros), Manuel Neuer. Lui, il va falloir le battre.

Sur les côtés, si Lahm reste impressionnant sur son aile (gauche, en général, même si je le trouve meilleur à droite), il l'est surtout par sa percussion et ses qualités offensives. Même chose pour Rafinha, côté droit. Le Brésilien est une vieille connaissance du football européen... pas forcément un client au niveau du reste de ses coéquipiers. Remis en confiance par son but à Nice (1-1), Ayew peut lui faire des misères.

Surtout, le club bavarois n'est pas non plus fabuleux à l'extérieur. En Bundesliga, il est troisième à ce classement spécifique, à sept points de Dortmund et à un de Moenchengladbach. Il a déjà perdu quatre fois en déplacement, contre deux pour le leader actuel du championnat, encaissant 13 buts en autant de rencontres, contre 9 en 14 matches pour Dortmund, et 8 en 13 pour l'autre Borussia, la grosse surprise de la saison. Le Bayern s'est certes incliné à Leverkusen (2-0) et à Moenchengladbach (3-1), mais aussi, en première partie de saison, à Hanovre (2-1) et Mayence (3-2), tout au mieux des candidats à la Ligue Europa. Il s'est également incliné en Ligue des Champions à Manchester City (2-0) après avoir gagné à Villarreal, qui a perdu tous ses matches (0-2) et ramené un nul de Naples (1-1), et a surtout perdu au tour précédent à Bâle (1-0), qui n'était pourtant pas un foudre de guerre, vu la raclée que le club suisse a pris au retour (6-0). Bref, bien bloqué, le Bayern, peu sécurisé derrière, peut perdre à peu près n'importe où. Il n'est pas complètement le rouleau compresseur qu'on présente partout, même s'il y ressemble un peu ces derniers temps.

En fait, cette opposition me rappelle celle entre l'Allemagne et la France, en février dernier. Tous les observateurs, moi le premier, redoutaient une débâcle tricolore, les Bleus manquant trop, selon nous, de sûreté défensive et d'efficacité offensive pour faire douter sur sa pelouse une des meilleures équipes du monde, impressionnante lors des éliminatoires de l'Euro (10 matches, 10 victoires, +27 de différence de but) dans un groupe pas si facile (Turquie, Belgique, Autriche...). Et pourtant, les Bleus, privés de Rémy et Benzema, l'ont emporté tout à fait logiquement. Aurait-ce été la même chose lors d'un match officiel, avec un enjeu au bout ? Certes, les Allemands ont plus de mal que nous pour se mobiliser lors d'un match amical, notre grande spécialité, mais un Allemagne-France est toujours disputé.

On saura ce soir si j'avais raison d'y croire ! Le Bayern reste favori de cette confrontation, du moins celle de ce soir, mais il est prenable, c'est une certitude.

A plus tard !

mardi 27 mars 2012

Amateurs et demi


Salut à tous !

Je ne sais pas si vous allez me croire, mais figurez-vous qu'il n'y a pas que la Ligue 1, la Ligue des Champions et le challenge Téléfoot dans la vie. Rasseyez-vous, prenez un petit café, remettez vous de vos émotions, ça va aller. Moi, la première fois que j'ai vu ça, ça m'a fait le même effet.

En effet, sous ces strass et ces paillettes voletant à foison devant nos yeux émerveillés, existent des compétitions étranges, composées de noms de ville inconnues ou oubliées, comme Besançon, Luzenac ou Strasbourg. Ces compétitions se nomment le National (je ne vois pas ce qu'il a de plus national que la Ligue 1 et encore moins que la Coupe de France, mais passons), la CFA (oui, comme la monnaie dans certaines de nos anciennes colonies africaines), ou la CFA 2. Comme souvent au cinéma, la suite est moins bonne que l'original. Tout cela n'étant que la partie immergée d'une immense nébuleuse nommée le Football Amateur. Sans ce dernier, point de salut, pas de professionnels, pas de Canal Football Club, et donc pas de Grande Surface. A la réflexion...

Plus sérieusement, si on regarde le classement des meilleurs buteurs français en 2012, sur l'excellent site footballdatabase.eu, on constate qu'autour des cadors attendus, Benzema (12 buts), Gomis (9) et Giroud et Rémy (8), s'insèrent des noms complètement méconnus, issus de ces compétitions inférieures hiérarchiquement, mais plus propices pour que le talent de ces joueurs brille, car forcément moins relevé. Je ne vous ferais pas l'injure de vous préciser qu'il est plus aisé de marquer des buts en Liga qu'en CFA 2, même avec Higuain dans les pattes.

Ce qui est intéressant de voir, c'est le parcours de ces joueurs qui circulent sous le tapis rutilant du football professionnel, sans parfois jamais réussir à y faire son trou. Ainsi, Nicolas Belvito, 25 ans. Cet attaquant, aux faux-airs de Mickaël Madar (cheveux bruns mi longs, 1m89...), brille actuellement avec Besançon (11 buts). Formé à Bourg-Peronnas, il passe ensuite par Corte avant de continuer sa carrière dans la région lyonnaise, dont il est originaire (St-Priest, Lyon-Duchère). Il tente ensuite sa chance durant deux saisons en Ligue 2, à Dijon, où il ne parviendra pas à convaincre (9 matches, 2 titularisations, 1 but, plus deux en Coupe de France, à Hayange, battu 8-0). En janvier 2011, il rejoint Strasbourg, tombé en National l'été précédent, et qui lutte en milieu de tableau. En 10 matches, il ne marquera pas un but, ne permettant pas au Racing d'arracher in extremis la montée qui aurait peut-être pu le sauver de la CFA 2 où il nage aujourd'hui.

En attendant, Belvito part à l'ouest en aout dernier, direction Cherbourg, qui vient de monter au 3e niveau français. Si le promu se comporte honorablement en début de saison, son attaquant, pourtant régulièrement aligné en pointe, ne brille pas : aucun but avant la 8e journée, puis trois d'affilée, puis un nouveau en novembre, plus un doublé à Chauray, en Coupe de France (2-3). Mais c'est finalement mars qui le verra enfin briller à ce niveau : deux triplés à l'extérieur, à Rouen (3-3) puis au Paris FC (1-3), avant un penalty ce week-end, contre Epinal (1-0). Ce n'est sans doute pas l'attaquant du siècle, mais l'exemple même du bon joueur régional capable de briller occasionnellement à un niveau national correct, si on le met en confiance.

Tout l'inverse, en somme, de David Lédy. Lui en est carrément à 13 buts en 2012, ce qui fait de lui le meilleur attaquant français sur l'année civile. Sauf que lui n'a jamais quitté son club formateur, Strasbourg, ce qui fait finalement son bonheur. Il a débuté en pro avec le Racing en 2008-2009, en Ligue 2, se montrant moyennement efficace durant deux saisons (3 buts en 16 titularisations). Passé en National avec son club, le natif d'Altkirch, qui verra Belvito débarquer durant l'hiver, voit logiquement ses chiffres gonfler : 11 buts, c'est pas mal.

Du coup, forcément, quand le Racing descend de deux étages d'un coup l'été dernier, Lédy ne peut que se régaler : il en est à 16 buts en 17 matches, avec notamment trois triplés entre janvier et mars, plus six buts en Coupe. Là encore, il va falloir attendre avant de connaître son seuil de compétence, sachant qu'il n'a que 24 ans. Mais il peut à mon avis espérer briller à nouveau en Ligue 2 d'ici quelques années, avec Strasbourg, actuellement deuxième derrière l'équipe C d'Auxerre... ou ailleurs.

Ah tenez, voici un joueur au nom plus évocateur : Steven Papin, 24 ans, ancien attaquant de Auch ou de Saint-Malo, et très efficace de Plabennec, en CFA (16 buts). Aucun lien, a priori. Seuls quelques initiés mosellans doivent se rappeler de Stéphane Boulila, 37 ans, attaquant formé à Noisy-le-Sec, passé par les réserves de Guingamp, Nantes et Metz, avec qui il disputera deux bouts de matches de Ligue 1 en 96 et en 99, connaissant la Ligue 2 avec Le Mans (3 buts), le National avec le Racing de Paris et Angers (15 buts en 2 saisons) avant de finir sa longue carrière à Aubervilliers, avec qui il vient de marquer 27 buts en presque deux saisons, en CFA.

On devrait aussi bientôt découvrir Damien Mayenga en National, voire au-dessus. A 24 ans, il empile les buts avec Luçon, en CFA (11 buts), après ses 15 buts de l'année passée avec St-Pryvé, au même niveau. Même chose pour le jeune Julio Tavares, 23 ans, attaquant de Bourg-Peronnas (CFA), et auteur cette saison de 11 buts, plus un en Coupe à... Marseille, il y a quelques semaines (3-1). Il vient de marquer 33 buts en trois saisons de CFA, rien d'exceptionnel mais de quoi viser un peu plus haut dans quelques années.

Et enfin, il faut parler de Jérémy Perbet, 27 ans. Ça fait deux ans maintenant que le natif du Puy-en-Velay nargue les internationaux français (39 buts en 2011, déjà 9 cette année) en collectionnant les buts avec Mons, petit club belge promu cette saison. Formé à Clermont, passé par Moulins (avec qui il marquera 23 buts en National en 2005/2006), puis Strasbourg, il passe une première fois la frontière avec Charleroi (13 matches, 6 buts), avant de repasser par Angers, pour définitivement rejoindre la Belgique en 2008. Malgré la relégation, il brille avec Tubize (13 buts) avant de filer à Lokeren, où il fera banquette pendant un an et demi. En janvier 2011 il rejoint Mons, et inscrit 14 buts en autant de match de D2 Belge.

Lui et son club montent, mais son débit de buts ne faiblit pas, ou presque : Perbet, avec 22 buts en 29 matches, plus 12 buts en 10 matches de Coupe depuis 18 mois, est le meilleur buteur du championnat belge, et de loin. Son avenir ? Il rêve de Marseille, et l'OM pourrait lui offrir sa chance, comme il l'avait fait il y a 25 ans, avec un autre Français de Belgique, un peu plus jeune, certes (23 ans) et déjà international : Jean-Pierre Papin. Il ne fera pas pire que Gignac... Plus sûrement, on peut l'imaginer taquiner l'Europe avec Anderlecht, le Standard ou le FC Bruges, voire un bon club de Ligue 1, pourquoi pas ?

Après tout, Olivier Giroud, après avoir été anonymement formé à Grenoble, est passé par le National et Istres (14 buts) avant de mettre deux saisons de Ligue 2 pour intégrer la Ligue 1, à 23 ans. Un mauvais choix de carrière, une blessure, une mauvaise saison... et il intégrait durablement le football amateur et ses légions d'attaquants, souvent rejetés par le foot pro, ou émergeant du véritable foot amateur. A quoi ça tient ?

A plus tard !

lundi 26 mars 2012

Montpellier prend le relais

Salut à tous,

Au soir de la dixième journée des matches retours, un constat s'impose avant tous les autres : après une demi-saison satisfaisante, on s'ennuie à nouveau ferme dans les stades de Ligue 1. Dix-huit buts en 10 matches, on n'avait pas fait aussi mal depuis la cinquième journée, certes. Mais on a surtout pas dépassé les 26 buts une seule fois en 2012. Lors de ces matches retours, lors desquels on est passé de 2,6 à 2,47 buts par match, on tourne à 2,32, et même 2,24 lors des cinq dernières journées, avec à la clé douze 1-0, dix 1-1, dix 2-0 et seulement huit 2-1, contre... deux 0-0, aucun depuis trois journées. Un nouvelle preuve à mettre au débit de la victoire à trois points, ou plutôt du nul à un seul point...

Après, l'évènement est évidemment la passation de pouvoir entre le PSG et Montpellier. Les deux équipes comptent le même nombre de points, évidemment (60), mais aussi de buts (53, comme Lille également) mais les Héraultais ont encaissé trois buts de moins (27 contre 30), trois nuls de moins et deux défaites de plus, ce qui fait que la victoire à trois points les arrange. Ils restent également intraitables à domicile (40 points sur 45) alors que le club parisien a désormais perdu 12 points au Parc des Princes. Montpellier domine également lors des matches retours (23 à 20 points), où ils n'ont encaissé que 4 buts... dont deux à Paris (2-2). Bref, contrairement à ce que beaucoup d'observateurs affirment, en général à contrecœur d'ailleurs, le PSG est loin d'avoir titre gagné. Ce ne serait pas la première fois que le club le plus riche ne gagne pas le championnat, notamment en France...

C'est la dixième fois que Montpellier est leader cette saison, la deuxième des matches retours. Premières journées inclues, le MHSC n'a quitté les deux premières places qu'une seule fois, fin septembre (4e). D'ors et déjà, le club héraultais a égalé le troisième meilleur total de son histoire (60 points, comme en 1996), derrière 2010 (69) et 1988 (63, ramené à la victoire à 3 points). Des chiffres qui devraient être assez vite battus, a priori.

Par ailleurs ce match nul (1-1) entre le PSG et Bordeaux n'est pas un évènement en soit : quand on regarde en détail, les Girondins n'ont perdu que deux fois lors de leurs 7 dernières visites au Parc, toutes compétitions confondues, tout en l'emportant quatre fois sur la même période ! Avec Monaco, seule équipe à posséder un bilan positif Porte d'Auteuil, Marseille ou Nancy, il s'agit donc d'une véritable bête noire pour les Parisiens. Par ailleurs, Bordeaux, qui avait déjà obtenu un nul sur le même score à l'aller (1-1) devient la première équipe du championnat à être désormais assurée de finir invaincue contre le PSG en championnat cette saison. Si Nancy ne perd pas contre Paris le week-end prochain, ce sera la deuxième...

Marseille, lui, a mis fin à la pire série de son histoire (7 défaites consécutives, toutes compétitions confondues). Mais en Ligue 1, les Olympiens n'ont plus gagné depuis leur déplacement à Rennes, fin janvier (1-2), soit huit match et trois points pris. Ils en avaient signé 7 entre janvier et mars 2007 (3 points) et surtout... 14 entre mars et septembre 2005 (six points) ! Qui se souvient d'une série aussi catastrophique aujourd'hui ? Dans le même temps, Lyon, qui lui a perdu à Nicosie, a depuis gagné tous ses matches... allez comprendre.

Notons également la belle quatrième place toulousaine, à trois du podium. Cependant, si certains semblent voir du progrès dans le jeu des hommes de Casanova, ça ne se voit pas dans les stats : ils ont la meilleure défense (24), loin devant Brest et Montpellier (27) mais aussi la 13e attaque avec 31 buts, soit autant qu'Ajaccio et moins que Auxerre (33) ou Caen (32), entre autres. D'ailleurs, les meilleurs buteurs toulousains sont deux, ils s'agit d'Umut Bulut et Emmanuel Rivière, qui culminent à 4 buts, devant Capoue, Tabanou et Machado (3). Le TFC est par ailleurs dernier au nombre de passes décisives dans le jeu (10), soit autant que Jérémy Ménez à lui tout seul. Même dans le dernier quart d'heure, ce n'est pas ça : avec 6 buts pour et 6 contre, Toulouse est l'équipe dont les matches sont les moins agités dans leurs conclusions, derrière Brest (4 et 6) et Evian (4 et 7), et ce même si les Toulousains ont récupéré 4 points durant cette période. Bref, pas de quoi piquer de la clientèle au Stade Toulousain, même s'ils sont de nouveau des candidats sérieux à la lutte pour l'Europe, voire la C1.

Bref, venons-en au 18e but personnel d'Olivier Giroud, le premier dans le jeu depuis cinq matches mais aussi le 7e lors du dernier quart d'heure, le meilleur total de la saison. Malgré ce léger fléchissement constaté depuis un mois et demi, le Montpelliérain peut dormir tranquille : il y a cinq journées, il comptait exactement le même nombre de buts d'avance sur ses concurrents (5) que maintenant... depuis, Nene n'a marqué que deux fois, Gameiro une fois, tout comme Aubameyang et Rémy, tandis que Jovial a câlé, tout ce beau monde étant ayant été rejoint ou dépassé par Hazard, qui est passé de 9 à 13 buts, et Gomis, de 9 à 12. Du coup, il paraît très difficile d'imaginer qu'un autre joueur que Giroud puisse atteindre ou dépasser la barre symbolique des 20 buts cette saison, comme l'an passé (Sow 25, Gameiro 22). Il faudrait que Hazard ou Nene marquent 7 fois lors des 9 dernières journées, Gomis 8 fois, Gameiro et Aubameyang 9 fois... ça reste possible, mais ça paraît quand même peu probable. Giroud devrait donc s'imposer très largement dans cette course.

Qu'est-ce que j'ai d'autre en magasin... Rennes, par l'entremise du Valenciennois Danic sur penalty, a encaissé son 4e but de la saison contre un de ses anciens joueurs. Il s'agit du deuxième plus gros score de la saison, derrière Auxerre (5) et devant Caen, Nice et Sochaux (3). Huit équipes (Toulouse, Valenciennes, Nancy, Lorient, Brest et les trois promus) n'ont encore vu aucun de leurs anciens pensionnaires marquer contre eux. A vue de nez, et hormis le TFC, c'est donc plutôt un avantage pour les clubs les plus modestes, dont les rangs sont sans doute moins souvent renouvelés que ceux qui ont ont les moyens de garnir la rubrique des transferts, notamment en joueurs de Ligue 1.

Le Niçois Monzon, auteur de son sixième penalty de la saison, est seul en tête des buteurs défenseurs, devant les deux Lillois Chedjou et Debuchy (5). Bourillon (Lorient) et Lovren (Lyon) ont, eux, ouvert leurs compteurs but. Chez les milieux, en plus du 13e but de Hazard, qui rejoint Nene en tête grâce à son 7e but sur coup de pied arrêté, notons le but d'André Ayew (7 buts), son premier en championnat depuis le 2 décembre dernier, soit six matches sans marquer, avec à la clé aucune victoire olympienne. Avec Loïc Rémy, c'est LE joueur indispensable à cette équipe marseillaise, blessé à l'épaule ou pas.

Pour sa part, Guillaume Hoarau, après 30 mois de galères, semble être reparti comme en 40, ou plutôt comme en 2008/2009 : il a inscrit contre Bordeaux son 5e but de la saison, tous inscrits en 2012, et quatre d'entre eux lors du dernier quart d'heure. A la moyenne de buts par minute, il est premier du championnat devant tout le monde avec un but toutes les 116 minutes (133 pour Giroud, 158 pour Gomis, 171 pour Lisandro...), hormis le jeune Montpelliérain Jonathan Tinhan, qui a marqué un but lors de ses 56 minutes de jeu... Il devance même l'autre phénomène de cette saison, le Savoyard Kevin Bérigaud, qui a marqué 4 buts en 544 minutes (136). Il y a trois ans, lorsqu'il avait explosé, Hoarau marquait toutes les 162 minutes.

Bref, je vous laisse avec ma traditionnelle équipe type des décisifs !



A plus !

vendredi 23 mars 2012

Maës, le premier d'entre eux

Salut à tous,

Pour l'ouverture de la page Facebook de ce blog - ici, n'hésitez pas à y aller, commenter et partager -, voici un petit post rétro, comme celui sur le Red Star qui l'avait inauguré, en janvier dernier. D'ailleurs, le lien est double puisque je vais évoquer un des anciens joueurs du club audonien, très ancien même : Eugène Maës.

Pour cela, il faut remonter à l'avant-guerre. Pas la dernière, non, celle d'avant, celle qui retourna la campagne ardennaise par ses tranchées et ses bombes, pas toutes déterrées paraît-il, que la France, alliée aux Anglais puis aux Américains, avait à peu près gagnée avant d'en profiter pour écraser l'Allemagne lors d'un traité de Versailles qui se révèlera encore plus meurtrier dans ses conséquences. Mais c'est une autre histoire.

Avant tout cela, il y avait déjà du foot, même en France figurez-vous. Pas de championnat professionnel avant 1932, pas de Coupe de France avant 1917, mais déjà des matches un peu partout. A l'instant de la mobilisation générale de 1914, l’Équipe de France, elle, avait dix ans, 9 victoires et 22 défaites au compteur, ainsi que... 163 buts encaissés, soit 4,53 par match. Une moyenne presque banale à une époque où le concept de bloc équipe était aussi d'actualité que les coques d'iPhone. Mais les Bleus ont du attendre le début de la deuxième décennie du siècle pour se découvrir un véritable buteur, régulier, efficace, et pas seulement contre le Luxembourg.

Eugène Maës, lorsqu'il est appelé en Bleu pour la première fois, pour un match face à la Hongrie, joué à Maisons-Alfort le... 1er janvier 1911, évolue au Red Star, après avoir appris à jouer au football au Jardin du Luxembourg, avant d'évoluer sous les couleurs du Patronage Olier, un club parisien de la Rue d'Assas, avec qui il remportera le fameux titre de "champion de France de la FGSPF" (Fédération gymnastique et sportive des patronages de France) en 1908, et le Trophée de France en 1908 (contre Puteaux) et en 1910 (contre le CA Vitry). Âgé de 20 ans, il empile déjà les buts, et est engagé en 1910 par le futur grand club parisien des trente premières années du siècle, le Red Star. Doué de la tête, il attendra sa troisième sélection pour marquer, et pas lors de n'importe quel match. Il signe un doublé de renard contre l'Italie, à l'affut sur deux tirs repoussés, dans son stade de Saint-Ouen, et la France, qui n'a plus gagné depuis 12 matches (12 défaites), obtient un nul méritoire (2-2). Mais le Parisien de naissance fera encore mieux.

Le 17 mars 1912, le militaire d'alors a obtenu une permission pour rejoindre à cinq heures du matin l’Équipe de France, qui affronte de nouveau l'Italie, cette fois au stade Campo de Turin. Contrairement au précédent duel entre les deux nations, les Bleus sont invaincus depuis trois rencontres, quand l'Italie n'a plus gagné depuis cinq rencontres, mais reste largement favorite de ce match. Pourtant, c'est Maës, pourtant fatigué par son voyage, qui ouvre le score dès la 10e minute (0-1). Rampini ne tarde pas à égaliser (1-1, 24e) mais l'attaquant audonien, qui avait marqué à chacun des quatre matches qu'il avait disputé depuis le France-Italie précédent, redonne l'avantage aux Bleus, de la tête sur un nouveau service de Louis Mesnier, l'attaquant du CA Paris (1-2, 38e), un des rares rescapés du premier match des Bleus contre la Belgique, en 1904 (3-3).

Ceverini égalise à son tour, juste après la pause (2-2, 47e), mais Mesnier se mue en buteur et marque le troisième but tricolore (2-3, 52e). Devinez quoi ? L'Italie égalise encore grâce au doublé personnel de Rampini, l'attaquant de Pro Vercelli (3-3, 58e). Et c'est Eugène Maës, en "chargeant" le gardien qui avait pourtant le ballon dans les mains, ce qui se faisait impunément à l'époque, qui marque le dernier but de ce match historique pour les Bleus (3-4, 66e). Historique, car il s'agit du premier succès des Bleus contre l'Italie - un autre suivra dès le début de l'année suivante, à Saint-Ouen, sur un but de... Maës - et le premier triplé d'un international français.

En 1913, Maës inscrira également un quintuplé contre le Luxembourg (8-0), performance que seul Thadée Cisowski parviendra égaliser, 43 ans plus tard, contre la Belgique (6-3). Il s'agira de la dernière sélection du joueur du Red Star, auteur au final de 15 buts en 11 sélections. Parmi tous les meilleurs buteurs de la sélection, il est le seul, avec Just Fontaine (30 buts en 21 sélections) à compter plus de buts que de matches.

Comme beaucoup de jeunes joueurs français, il ne ressortira pas indemne de la Grande Guerre. Blessé au combat, il ne pourra retrouver le niveau professionnel, à seulement 24 ans. Comme Fontaine, heureusement blessé de façon moins dramatique à 27 ans, il aurait sans doute battu tous les records s'il avait pu disputer une carrière entière en Équipe de France. Après la Guerre, il rejoint tout de même le tout jeune Stade Malherbe de Caen, ou il sera attaquant, capitaine et entraîneur, jusqu'en 1935, tout en menant une carrière de professeur de... natation.

Après avoir perdu ses chances de gloire internationale lors de la Première Guerre Mondiale, il perdra la vie lors de la Seconde. Dénoncé en juin 1943 pour propos anti-Allemand à une époque ou la délation était le sport national d'alors, il meurt à 54 ans en déportation au camp de
Mittelbau-Dora, en Allemagne, le 30 mars 1945, alors que la France était libérée depuis plusieurs semaines.

Une époque quoi, un destin presque banal, bien que dramatique. Plutôt que faire des biopics sur Cloclo (réussi par ailleurs, ce n'est pas la question), j'imagine qu'on pourrait faire des films sur la vie de ce genre de joueurs, Maës ou Villaplane, attaquant et capitaine français lors du Mondial 1930 avant d'être fusillé en 1944, et dont la vie est racontée dans l'Equipe Mag depuis quelques semaines, ces amateurs qui devaient s'arracher à la vie quotidienne pour disputer des matches qui ne faisaient que quelques entrefilets dans les journaux, mais qui ont fait l'Histoire des Bleus sans le savoir vraiment, et qui n'ont finalement pas échappé aux évènements de leur époque. Un peu ce que l'on reproche aux footeux d'aujourd'hui, ces joueurs gâtés qui semblent vivre dans une bulle surréaliste, quasiment à l'abri des aléas de l'actualité.

A plus tard ! Et n’hésitez pas à réagir dans les commentaires !

jeudi 22 mars 2012

Les gros et les petits

Salut à tous,

Ah le charme de la Coupe... ceux qui aiment ça sont gâtés cette année. Et notamment cette semaine, avec les qualifications de Quevilly puis du Gazelec d'Ajaccio face à deux gros morceaux du championnat. L'autre surprise étant la victoire plutôt heureuse de Lyon à Paris (1-3), qui n'en finit plus d'encaisser des buts. Pour un entraîneur défensif, il en prend pas mal, Ancelotti, faut l'avouer. En tous cas, pour la première fois depuis 2002, le PSG ne disputera pas de finale de Coupe nationale lors d'une année paire. Pour Lyon, le retour à une tactique beaucoup plus minimaliste, un peu étriquée mais diablement plus efficace, semble payer. Comme quoi, Puel n'avait pas faux sur tout... à moins que son éviction ne soit due à d'autres critères...

En attendant, on va donc avoir des demi-finales à la fois très déséquilibrée - sur le papier - et très excitantes. Mais évidemment, Rennes, très irrégulier mais aussi très solide à l'extérieur, à l'image de sa victoire à Valenciennes ce soir (1-3), ne peut évidemment pas se permettre de négliger cette équipe d'Ajaccio, qui a battu à la régulière des Montpelliérains qui ont manifestement besoin de souffler. C'est toujours comme ça : comme le fait qu'on soit toujours le con de quelqu'un, on est aussi toujours le petit de quelqu'un. Au Parc des Princes, le mois dernier, Montpellier était le "petit", et Paris le gros. Et l'histoire de David a bien failli fonctionner. A Ajaccio en revanche, les rôles étaient inversés : les Héraultais étaient les gros à abattre, et le Gazelec le "petit" qui n'a rien à perdre. Et c'est évidemment dans ces cas-là - et notamment en France - que ce genre d'exploits surviennent. Mais c'est pas facile de passer du statut de petit club qui fait la nique aux gros au sommet de la Ligue 1, à celui de gros club professionnel à la merci d'un petit club affamé de chair professionnelle fraîche.

Et effectivement, elle était bien fraîche, cette équipe montpelliéraine, trop fraîche même. Malgré quelques tauliers à l'expérience fournie (Jeunechamp, Pitau), et plusieurs titulaires, dont Giroud ou Yanga-Mbiwa, pas les premiers à lever le pied, elle a été mangée dans les duels, ce qui ne lui ressemble pas vraiment. Le but corse - heureux, lui aussi - est anecdotique, il sanctionne surtout une équipe qui n'a tout simplement pas réussi à se mettre dans le sens du match. L'état d'esprit dans ce genre de rencontre, c'est ce qu'il y a de plus difficile à mettre en place pour un club professionnel, et de plus facile pour un club amateur. Même si ça ne suffit pas toujours, sinon on aurait des clubs amateurs en finale tous les ans...

La défaite de Marseille à Caen, contre Quevilly, résulte d'autres causes, selon moi. Bien sûr, les Normands ont été survoltés, et la plupart d'entre eux peuvent en plus s'appuyer sur l'expérience du parcours de leur club il y a deux ans, au même stade de la compétition. Et ce alors qu'ils se trainent en championnat, ne gagnant plus un match depuis trois mois... mais du côté marseillais, je n'ai pas le sentiment qu'il y ait eu un problème d'état d'esprit, pour preuve les deux égalisations successives de Rémy. Le problème est plus profond, ils sont dans une spirale de défaites qui, au bout d'un moment, empêche de bien faire, par peur de mal faire. Si le fond de jeu marseillais est actuellement aussi faible, et sa défense aussi friable, c'est que ces mêmes joueurs qui ont tout gagné pendant trois mois, qui sont en quart de finale de la Ligue des Champions, et qui ne sont donc pas devenus mauvais d'un seul coup, n'osent plus tenter, par peur de rater. Et quand ils tentent ils n'y croient tellement pas qu'ils le font sans conviction, avec la certitude que ça va pas marcher. Il suffira d'un seul succès pour que ça reparte, j'en suis convaincu. Je crois aussi que l'odeur des grands matches, contre le Bayern, Paris, Lyon en finale de la Coupe de la Ligue, pourrait bien les changer. C'est du classique : regardez les Girondins en 96, qui avaient atteint la finale de la Coupe de l'UEFA tout en terminant 16e du championnat, avec dans leurs rangs la triplette Lizarazu-Zidane-Dugarry...

N'empêche, quand on voit les buts... des deuxièmes ballons mal maîtrisés, des boulettes du gardien, des absences au marquage... on les sent perturbés, déconcentrés. Quand on voit que l'autre double buteur du match, avec Rémy, Johan Christophe Ayina, est un ancien réserviste à Guingamp et à Paris, qui était au chômage de l'été dernier jusqu'à cet hiver et pour qui c'était seulement le quatrième match avec Quevilly, avec aucune titularisation à la clé, faut effectivement se poser quelques questions.

Bref, Rennes devra se méfier, tout comme Lyon, qui ira défier le Gazelec d'Ajaccio. C'est d'ailleurs dommage pour ces deux clubs, qui doivent d'une certaine manière se partager la place médiatique de l'habituelle surprise de la Coupe, alors qu'ils devraient chacun être le héros unique de cette saison de Coupe de France. Espace médiatique qui, en plus, est fortement réduit cette année en raison des évènements de Toulouse, qui fagocitent tout le reste de l'info, nationale ou internationale...

A mon avis, vous voulez que je vous dise, je crois qu'il y aura une surprise sur un des deux matches. Je ne sais pas lequel, mais à mon avis on aura un petit club en finale, qui devrait ravir les amateurs de la Coupe pendant quelques semaines. On aura droit aux habituels boulangers, étudiants, postiers, qui s'entraînent qu'une ou deux fois par semaine... ces clubs qui sont eux-mêmes les gros de quelqu'un. Après tout, le Gazélec est bien deuxième du National, et Quevilly est 16e... pour nous, il n'y a pas de différence entre ces deux clubs, mais pour eux il y en a une, de taille : 18 points, et 31 buts de différence, et des confrontations en championnat qui ont logiquement tourné en faveur des Courses (0-0, 3-0, le 6 mars dernier). S'ils passent tous les deux, on aura quand même un favori, et un gros et un petit.

A plus tard !

lundi 19 mars 2012

A petits pas


Salut à tous,

On a eu droit à une journée classique ce week-end, avec un nombre de buts normal (23), du moins depuis le début de l'année (23,8 par journées), mais qui n'arrange pas la moyenne sur la saison (2,49). Et ce toujours sans 0-0, mais avec trois 1-0 et deux 2-0...

Paris reste invaincu depuis le 27 novembre dernier en championnat, mais avance à petits pas : depuis sept matches (3 victoires, 4 nuls), il tourne à 1,86 points par matches, ce qui est insuffisant pour assurer un titre de champion. D'ailleurs, depuis cinq journées, Toulouse (13 points) et... Evian (10) font mieux que le club parisien (9), sauf sur le nombre de buts marqués (14, contre 10 pour les savoyards). Sur l'ensemble des matches retours, le PSG demeure à un point de Montpellier, le leader (20 points à 19), qui a pourtant connu sa première défaite en 2012. A noter qu'Auxerre est la seule équipe sans victoire dans la nouvelle année, devant Lorient, qui a gagné son premier match ce week-end.

Les Bourguignons qui ont changé d'entraîneur dans la foulée, un choix pas trop idiot, du moins cette saison. En effet, si on regarde comment ça s'est passé dans les trois autres cas en Ligue 1, Pablo Correa (44 % de succès, 1,56 points par match) fait mieux que son prédécesseur à Evian, Bernard Casoni (26 %, 1,16). A Nice, René Marsiglia (29 %, 1,14) fait un petit mieux qu'Eric Roy (15 %, 0,85), mais c'était difficile de faire pire, il faut le reconnaître. Tout l'inverse de Carlo Ancelotti, qui pouvait difficilement faire mieux qu'Antoine Kombouaré, qui était leader avec 63 % de succès et 2,10 points par match. Et effectivement, le technicien italien fait moins bien, du moins sur le plan du nombre de victoires (56 %), puisque la moyenne de points, elle, est comparable (2,11). Enfin, il est encore un peu tôt pour juger l'apport d'Eric Hély à Sochaux, surtout que pour l'instant il tourne à 100 % de succès et 3 points par match sur deux rencontres. Difficile de comparer ces chiffres à ceux de Bazdarevic (15 %, 0,81)... Le technicien bosnien qui n'a jamais dépassé les 26 % de succès durant les quatre saisons où il a officié en Ligue 1, avec Istres (5 %), Grenoble (26 puis 13), et donc Sochaux.

On l'a entendu tout le week-end, Marseille n'avait plus encaissé cinq défaites depuis des lustres. Ajoutés à la défaite à Milan, en Ligue des Champions - oui oui, c'était une défaite - ça en fait six toutes compétitions confondues, un record qui date de 1979. Si Marseille s'incline à Nice, il faudra remonter à 1963 pour trouver une telle série olympienne. Ajoutons que dans le jeu, Marseille n'a plus marqué depuis le but de Brandao contre Lyon, à la 34e minute, le 5 février dernier (2-2), ce qui fait 596 minutes d'attente, soit près de dix heures.

Rennes a confirmé ses grosses difficultés à domicile, puisque le club breton demeure à 5 succès en 14 matches, soit autant désormais que son tombeur, Toulouse, à l'extérieur. De même, Valenciennes, battu à Lille (4-0), et Nice, à Sochaux (2-0) ont confirmé leurs difficultés en déplacement, puisque ces deux équipes ont le pire bilan de Ligue 1 hors de leurs bases (7 et 6 points). Elles au moins ont gagné un match, contre aucun à Auxerre, 18e à l'extérieur comme à domicile (17 points, devant Caen et Sochaux, 16). Au niveau des attaques, Paris a rejoint Montpellier en tête (52 chacun), les deux équipes devançant le champion de France lillois (50). Suivent Lyon (44) et... Evian (41), décidément à la fête. Le promu, auteur de 18 buts en déplacement, fait notamment mieux que Lille (17), Sainté ou Marseille (15). Même chose à domicile (23 buts, contre 20 aux Verts et à l'OM).

Chez les défenses, Toulouse est désormais seul en tête avec 24 buts, devant Brest (26) et Montpellier (27). Le tenant du titre, Rennes, pointe à la 9e place, avec déjà presque autant de buts encaissés (32) que l'an passé sur toute la saison (36). Les derniers, Ajaccio et Dijon, ne sont pas ridicules pour autant (48, 1,71 par match). Avec cette moyenne, ils auraient fait mieux qu'Arles-Avignon l'année dernière (1,84).

Chez les buteurs, Olivier Giroud a signé sont quatrième match consécutif sans but dans le jeu, mais conserve une confortable avance sur ses poursuivants, Nene (13), et Hazard, qui a inscrit son 12e but de la saison, son 8e à domicile, le 10e du droit (record de Ligue 1) et son quatrième dans le jeu. Son coéquipier Aurélien Chedjou a rejoint le Niçois Monzon et un autre Lillois, Debuchy, en tête des meilleurs buteurs chez les défenseurs avec cinq buts, son troisième de la tête. Enfin, le dernier buteur lillois, Tulio De Melo, a marqué son premier but en championnat, cette saison, en 238 minutes de jeu. C'est mieux que Lacazette, Oliech, Rivière ou Roux, par exemple.

Les gauchers ont sommeillé ce week-end (3 buts, contre 12 du droit et 6 de la tête), hormis les Dijonnais Sankharé et Kakuta, et le droitier d'Evian, Kahlenberg. Ce dernier est le troisième ancien Auxerrois à venir marquer à l'Abbé-Deschamps, après Jelen (Lille) et Niculae (Nancy), le cinquième au total, personne n'a fait pire que l'AJA. C'est aussi le sixième but d'un "revanchard" savoyard, un record, logique pour une équipe qui comporte de nombreux joueurs d'expérience et bourlingueurs (Barbosa, Leroy, Sorlin...).

Un autre joueur a marqué contre son ancien club, à savoir Frau (Caen), contre le PSG. Un évènement qui nourrit une légende toute légendaire, puisqu'il s'agit du deuxième but seulement encaissé cette saison par le club parisien contre un de ses anciens ressortissants, après le Savoyard Leroy, justement, qui n'a marqué QUE contre ses anciens clubs, avec son doublé contre Marseille.

Les remplaçants ont brillé ce week-end (trois but), Jallet (PSG), Diabaté (Bordeaux) et Gomis (Lyon). C'est le deuxième personnel en sortant du banc du Parisien, après celui contre Lyon (2-0), et le sixième du PSG, soit autant que Dijon et Lorient, et moins bien qu'Auxerre et Montpellier (8). Sur les matches retours, Nene (6) est toujours en tête, mais attention au retour de Hazard, qui a rejoint Aubameyang à la deuxième place (5). Kakuta et Gomis (4) ne sont pas loin non plus. A noter l'énorme performance de l'attaquant d'Evian, Kevin Bérigaud, qui a marqué son 4e but en 483 minutes, soit un but toutes les 120 minutes. Seul le Montpelliérain Tinhan (1 but en 56 minute) fait mieux, et il devance Hoarau (4 buts en 490 minutes) et Kakuta (4 buts en 522 minutes).

Chez les passeurs dans le jeu, Ménez (10) a accru son avance sur Bastos et Giroud (7), même si l’Équipe, dans sa grande mansuétude habituelle envers l'ailier parisien, n'a pas voulu lui accorder parce qu'elle était légèrement déviée par un défenseur caennais... Problème, elle a dévié en hauteur, mais pas dans sa direction, il me semble donc malhonnête de ne pas lui accorder, surtout que l'intention est évidente. Sinon on peut aussi ne pas accorder le but du derby à Gomis, dans ce cas... Avec Bastos (6+7), Ménez est le seul des onze joueurs les plus décisifs (buts+passes) à compter plus de passes décisives que de buts (4 et 10).

Lyon qui s'est rapproché des meilleures équipes du dernier quart d'heure en s'imposant chez l'équipe pourtant la plus performante dans ce secteur, Saint-Étienne (+9 points avant ce match). Les Verts restent premiers, devant le PSG, qui a récupéré un septième point à Caen, et donc Lyon (+5).

Voilà, je vous laisse avec mon équipe-type !


A plus tard !

samedi 17 mars 2012

Les jeunes et les autres

Salut à tous,

Bonne nouvelle pour les amateurs de chiffres, j'ai fait une nouvelle petite stat intéressante. Curieux de savoir sur quel genre de joueurs les différentes équipes du championnat se reposaient suivant leurs moyens et leurs ambitions, j'ai fait une petite pyramide des âges, d'abord générale, et ensuite en différenciant les joueurs appartenant aux dix premières équipes, puis à aux autres. Voici le résultat :



A première vue, il n'y pas de grandes différences. Effectivement, quelque soit le classement de chaque équipe, il semble y avoir en Ligue 1 une grande concentration de joueurs âgés de 21 à 27 ans, et notamment de 22 à 25. C'est assez jeune : cela montre que les équipes de Ligue 1 ont du mal à attirer, et surtout conserver, leurs joueurs dès qu'ils passent les 25-26 ans. C'est précisément l'âge qu'avaient Adil Rami ou Yohan Cabaye lorsqu'ils ont quitté Lille pour rejoindre l'Espagne et l'Angleterre. C'est le parcours le plus classique : formation, révélation puis confirmation en France, avant un départ pour l'étranger. Ce qui est dommage, c'est qu'il est souvent convenu que le meilleur âge d'un footballeur se situe justement entre 27 et 31 ans, période dont profitent en général les clubs étrangers. Quels joueurs appartenant à cette catégorie d'âge disposent d'un statut d'international actuel en Bleu, tout en évoluant en Ligue 1 ? Valbuena (27 ans), Alou Diarra (29), Hoarau (27) et Réveillère (31). Hormis le premier nommé, ces joueurs semblent assez loin de l'équipe-type actuellement.

Autre phénomène intéressant, qui confirme cette théorie : après un sérieux creux chez les 29-30 ans, les trentenaires "reviennent", en tous cas connaissent une hausse, sans qu'ils parviennent cependant à concurrencer leurs congénères les plus jeunes. Logique : une carrière professionnelle de footballeur durant en moyenne 7 ans, et la Ligue 1 étant avant tout un championnat formateur, il est normal que les joueurs de 20 ans et quelques soient plus nombreux que les trentenaires, qui restent cependant utiles et en nombre suffisamment important pour encadrer ces mêmes jeunes. C'est ainsi qu'on note que les joueurs de 20 ans sont un peu plus nombreux (23) que les joueurs de 30 ans (21). Mais ceux de 31 et 32 ans, eux, sont beaucoup plus nombreux, à hauteur des joueurs de 29 ans. Quant aux plus de 32 ans, après 33 ans ils deviennent quasiment des étrangetés (14 au total)...

Les différences entre les clubs du bas et du haut du tableau (à noter que ces pyramides ne seront sans doute plus tout à fait les mêmes lundi matin, le classement du ventre mou étant évidemment voué à bouger sensiblement à chaque journée, mais il s'agit de tendances, pas de vérités absolues) sont visibles sur deux points : les joueurs de 23 ans, et les trentenaires.

Avant cela, on constate à l’œil nu que les équipes du bas du tableau utilisent plus de joueurs, une impression confirmée par les chiffres : 244 contre 214, soit 1,5 joueur en plus par équipe. Vu comme ça, ça ne semble pas énorme, mais en tous cas ça montre un phénomène récurrent, c'est que quand ça va mal, on essaie beaucoup de choses, on fait tourner son équipe... Ainsi, Montpellier a utilisé 20 joueurs de champs, Lille 21, contre 27 à Brest ou Lorient, 25 à Dijon ou Nancy, 26 à Nice.

On fait aussi jouer des jeunes, pour cette raison mais aussi par manque de moyens, et ça se voit nettement sur les pyramides : les joueurs de 23 ans sont plus de deux fois plus nombreux dans le bas du tableau (28) que dans le haut, où il y a un véritable creux (13). Étrange d'ailleurs, dans la mesure où les joueurs de 22 ans, eux, sont les plus nombreux chez les cadors (24)... Les clubs cassés de 11 à 20 ont également pléthore de joueurs de 27 ans (24 à 13). Une explication possible : au moment du traditionnel départ hors de France évoqué plus haut, ceux qui n'ont peut-être pas assez de talent, où n'ont pas su le montrer, restent dans leurs clubs, ou partent dans des clubs français de niveau égal. Alors que pour les joueurs de 25-26 ans qui évoluent dans de plus gros clubs, il est plus facile, voire logique, de partir à l'étranger. Je reprends l'exemple de Rami et Cabaye : s'ils avaient évolué à Sochaux ou Brest, seraient-ils partis aussi facilement dans de grands championnats ? Vu que leur club était champion de France, la logique de leur progression les emmenait là-bas. En revanche, regardez Marvin Martin : à 24 ans, s'il était parti, il serait probablement allé dans un grand club français, Paris, Lyon ou Marseille, pas à l'étranger. Mais la prochaine étape de sa carrière, surtout si Sochaux descend, le mènera dans ces clubs... ou ailleurs, vu son statut d'international.

Enfin, le dernier phénomène concerne les "plus de 31 ans", comme j'aime à les appeler, et qui marquent un peu plus de 8% des buts en Ligue 1, soit à peine plus que les joueurs de moins de 21 ans (8%), alors qu'ils sont nettement plus nombreux (53 à 43). L'explication de ce décalage se situe peut-être dans le fait qu'ils évoluent majoritairement dans des clubs de la deuxième partie de tableau, qui marquent donc moins en moyenne. Si les 32 ans sont comparables, la différence se situe après : onze 33 ans à 2, quatre 34 ans à un dans l'autre sens mais trois 35 ans à zéro. En revanche, il y a trois 36 ans dans le haut du tableau à zéro, autant de 37 ans (1 chacun), et le seul joueur de 38 ans, Thierry Debès, évolue à Ajaccio. Mais attention, parce que le joueur de 37 appartenant au "haut du tableau" se nomme Jérôme Leroy, et est licencié à Evian-Thonon-Gaillard, 10e du classement... Il pourrait rapidement changer de pyramide.

La différence se situe donc surtout chez les joueurs de 33 ans. Pourquoi un tel écart, de un à cinq, alors qu'on constate souvent que ce sont ces mêmes joueurs qui font la loi dans les très clubs européens comme Milan, Chelsea voire Barcelone ? Parce qu'il ne s'agit pas des mêmes joueurs ! D'abord, les "gros" clubs français, hormis le PSG, n'ont pas vraiment les moyens d'avoir dans leurs rangs des grands joueurs du calibre de Lampard, Drogba, Xavi ou van Bommel. Et puis, il y a aussi un choix de ces clubs, qui sont avant tout Français : dans notre pays, et notamment pour les sportifs, passer l'âge de 31 ans équivaut à basculer dans la catégorie des décatis, des inutiles, des perdus d'avance, ce qui est loin d'être le cas en Italie ou en Angleterre. Pourquoi ? Parce que miser sur un joueur de cet âge équivaut à certainement perdre de l'argent sur une revente qui risque d'être nulle, ou très faible, alors que dans ces championnats, la notion d'économie et de budget équilibré est quasi nulle.

Dans ce domaine, seul le PSG, qui n'a plus peur de perdre de l'argent, a pris ce risque : en misant sur Lugano (31 ans, 3,5 millions d'euros), Motta (29 ans, 11,5), Alex (29 ans, 5) et Maxwell (30 ans, 3,5), il a privilégié l'expérience, au détriment de la sûreté économique. Pas sûr que le club parisien récupère beaucoup des 23,5 millions dépensés pour ces quatre joueurs lorsqu'ils partiront, à 32 ou 33 ans... s'ils restent aussi longtemps. Mais c'est comme ça aussi que ça se passe, à Milan ou ailleurs. Un exemple extrême : Pippo Inzaghi, est arrivé à Milan en 2001 pour la bagatelle de 41 millions d'euros, un de moins que Pastore. Plus de 10 ans plus tard, il repartira sûrement gratuitement de Lombardie, en retraite ou ailleurs. Lyon avait fait ça pour Anderson, acheté par Lyon 16,5 millions et parti pour zéro quatre ans plus tard. Mais personne n'avait dit à l'époque que c'était de l'argent perdu, vu tout ce que le Brésilien avait apporté au club lyonnais...

Bref, j'ai digressé. Toujours est-il qu'il s'agit d'une explication comme une autre pour expliquer l'absence de joueurs d'expérience dans les gros clubs, alors que les petits sont souvent un point de chute idéal pour des joueurs en fin de carrière, parfois de retour de l'étranger (Zebina, Brest). Chez nos fameux joueurs de 33 ans, on note aussi la présence de bons joueurs de clubs qui ont réalisé une carrière sans éclat mais très honorable, en Ligue 1 et en Ligue 2, comme Ducourtioux (Valenciennes), Maire (Ajaccio), Proment et Deroin (Caen), Audard et le Lan (Lorient), Grégorini (Nancy), et Edouard Cissé (Auxerre). Certains d'entre eux, on le voit, ont aussi un passé dans des clubs plus huppé, qui ont plus de mal à leur faire confiance après 31 ans, notamment les deux derniers nommés, qui sont passés par Marseille. En tous cas, quasiment tous ces joueurs, à la fois expérimentés mais encore assez jeunes pour être performants sur la durée, sont des titulaires indiscutables dans ces clubs pour qui une telle expérience est vitale. Le fait qu'il n'y en ait aucun à Sochaux, par exemple, est assez parlant, je trouve.

Dans le haut du tableau, qui sont les deux joueurs de 33 ans ? Dalmat, qui ne joue plus à Rennes d'un commun accord avec son club, et Souleymane Diawara (Marseille), qui lui est un cadre dans son club. C'est le seul de son âge dans un gros club français. Étonnant non ?

A plus tard, et n'hésitez pas à réagir à ce post !

vendredi 16 mars 2012

Canonniers


Salut à tous,

Avant de commencer ce post, revenons sur le précédent qui évoquait l'éventualité d'un quart de finale Marseille-Bayern, et donc la rencontre choc entre la charnière centrale marseillaise - qui sera privée de Diawara, en plus de l'absence dans les buts de Mandanda - et Mario Gomez, probablement l'avant-centre type le plus efficace en Europe actuellement. Et bien voilà, on va être fixé... ça va être un sacré test pour l'OM, dont la défense a rarement l'occasion d'affronter de tels attaquants en Ligue 1, Olivier Giroud compris.

Pourtant, il y a d'autres attaquants que Gomez qui réalisent peut-être la saison de leur vie, dans certains cas, ou qui confirment simplement un sens du but hors du commun, pour d'autres. Petite liste non exhaustive de ces chasseurs de but qui me fascinent tant...

- Lionel Messi et Cristiano Ronaldo : Passons rapidement sur ces deux phénomènes, sur qui tout a déjà été dit et répété. Il n'empêche : l'Argentin, qui a marqué 119 buts durant les deux dernières années, soit à peu près 6 buts par mois si on enlève les deux mois de trêves estivales habituels, en est déjà à 24 en 2012 ; son "second" au Ballon d'Or, Ronaldo, en est à 17, alors qu'il devance le Catalan au classement des buteurs de la Liga (32 à 30)... A 24 ans, Messi, d'ors et déjà double meilleur buteur de la Ligue des Champions (12 l'an passé et 12 cette année), a déjà dépassé les 251 buts, en 380 matches professionnels, dont pile 200 depuis le début de la saison 2008. Ronaldo, qui a 27 ans depuis peu, en est à 283 en carrière, dont 165 depuis l'été 2008. Rappelons que l'on parle là d'attaquants polyvalents, pas de buteurs exclusifs. Pourtant, aucun de ces derniers ne parvient à rivaliser avec ces deux génies du football, qui se révèlent également de merveilleux passeurs, notamment Messi (51 passes décisives depuis deux saisons)...

- Klaas-Jan Huntelaar : Certains esprits chagrins diront qu'il n'a pas toujours été efficace, notamment quand le niveau de ses clubs a augmenté. Au nombre de buts, peut-être ; à l'efficacité, certainement pas. Tout d'abord, l'attaquant néerlandais, durant sa demi-saison au Real Madrid (20 matches, 8 buts) a marqué autant de buts que Karim Benzema durant sa première saison dans la capitale espagnole, en moins de matches (27 pour le Français). Pourtant, ce dernier a eu sa chance par la suite... Surtout, durant ses huit mois au Real, l'ancien de l'Ajax marquait un but toutes les 141 minutes, une moyenne qui lui garantirait 25 buts sur une saison normale. L'année suivante à l'AC Milan, même chose : malgré un statut de remplaçant de luxe difficilement explicable (la concurrence se nommait Borriello, Pato et Inzaghi...), soit 11 titularisations en championnat, sur 25, et seulement 7 buts, il tournera à un but toutes les 149 minutes. Pour le reste, et hormis une première saison moyenne à Schalke (8 buts, un toutes les 248 minutes), il n'a jamais cessé de marquer, et de façon très régulière : entre 2004 et fin 2008, il a marqué 154 buts en 215 matches, toutes compétitions confondues, notamment 33 buts en championnat néerlandais en 2007/2008. En sélection, où il tourne à un but toutes les 94 minutes (!), il en est déjà à 31 en 50 matches, soit des chiffres à rapprocher de ceux d'un Jean-Pierre Papin par exemple. Sauf que Huntelaar n'a que 28 ans... Enfin, cette saison, il en est à 42 buts en 43 matches, toutes compétitions confondues, dont 13 en 10 rencontres de Ligue Europa, riches de deux triplés et un quadruplé...

- Yilmaz Burak : Celui-là, je vous l'accorde, fallait le voir arriver. Mais à 26 ans, il est peut-être sur les traces d'un autre très grands buteurs turcs, Hakan Sukur. Seule différence, et pas des moindres : la réussite de ce dernier en Coupe d'Europe, ce qui n'est pas le cas de Burak. Celui-ci, après avoir déjà fini deuxième meilleur buteur du championnat l'an passé (19 buts), est en passe de doubler ce chiffre déjà énorme. En 26 matches avec son club de Trabzonspor, qui faisait partie de la poule de Lille en Ligue des Champions et qui est troisième à quatre journées de la fin, il a marqué la bagatelle de 30 buts, soit un but toutes les 78 minutes... deux buts tous les matches et demi en gros. Et en 2012, il en est déjà à 15 buts ! Evidemment, il n'évolue pas dans un championnat majeur, surtout quand ce dernier permet à des clubs comme Trabzonspor ou Sivaspor de faire de temps en temps la nique aux historiques gros clubs turcs comme Galatasaray ou Fenerbahce. Mais il ne s'agit pas non plus d'un championnat mineur, et on aura probablement l'occasion, durant les prochaines saisons, de vérifier si ses stats baissent dans des championnats de meilleur niveau. Surtout que, comme je l'ai dit, il ne brille pas en Coupe d'Europe, où il n'en est qu'à un but en 25 matches !

- Edinson Cavani : L'improbable ailier droit de la Céleste, troisième du dernier Mondial 2010, équipier parfait de Suarez et Forlan, est en fait un buteur redoutable, d'au moins du même calibre que ses deux coéquipiers. Pas facile de faire en choix entre trois phénomènes comme ceux-ci... un choix qu'aimerait sans doute avoir un sélectionneur comme Laurent Blanc, mais aussi l'Angleterre, l'Allemagne, l'Italie, le Brésil même ! Toujours est-il que depuis son arrivée de Palerme, après la Coupe du Monde, le Napolitain empile les buts, se révélant, avec Ibrahimovic, comme le meilleur attaquant de Serie A sans doute. Trente-trois buts la saison passée, dont 7 en Europa League et 26 en championnat, déjà 24 cette année, dont cinq en C1... Dommage que Naples n'ait pas passé l'écueil de Chelsea, il aurait été intéressant de voir jusqu'où Cavani, qu'on voit mal ne pas rejoindre un très grand club prochainement, était capable de faire grimper le grand club de Campanie...

- Zlatan Ibrahimovic : Un débat à lui tout seul. Le seul joueur au monde de qui certains sont capables d'affirmer qu'il a raté son épisode catalan alors qu'il avait marqué 21 buts avec Barcelone, toutes compétitions confondues. A titre indicatif, Thierry Henry en avait mis 19 lors de sa première saison en catalogne, et 26 l'année suivante. Pourtant, à 30 ans, le grand Suédois, techniquement exceptionnel mais tellement nonchalant et arrogant d'apparence, en est 238 buts depuis son départ de Suède pour l'Ajax, en 2001, dont 113 en 208 matches de Serie A avec la Juve, l'Inter et l'AC Milan aujourd'hui. Une seule fois il a marqué moins de 14 buts en une saison domestique en Italie, en 2005/2006 avec la Vieille Dame. Surtout, cette saison, il est le meilleur buteur du championnat (19 buts en 21 matches), marquant également 5 fois en Ligue des Champions.  Ses duels avec le Barça, en quart de finale de C1, et avec la France au premier tour de l'Euro, seront à suivre de près...

- Wayne Rooney : Quel joueur incroyable. Il y a souvent deux types d'attaquants : les besogneux, qui marquent peu mais servent l'équipe en défendant avec hargne, style Hoarau ou Chamakh ; et il y a ceux que je viens de citer, des buteurs types, ne vivant que par le but. Et il y a Wayne Rooney, qui fait les deux. Infatigable sur le terrain, il a dépassé les 200 buts en carrière cette saison, à seulement 26 ans. Malgré d'étranges trous d'air parfois, et hormis une dernière saison quelconque, vu son niveau (17 buts en 46 matches), il ne passe jamais sous la barre des 20 buts chaque saison, et a même deux fois dépassé les 30 buts, entre 2008 et 2010. Cette saison, au sein d'une équipe terriblement irrégulière, il en est déjà à 27 buts avec Manchester, dont 20 en championnat et cinq en Coupe d'Europe, dans lesquelles il a déjà marqué 33 buts, dont 27 en Ligue des Champions, sans parler de ses 28 buts internationaux. Et il n'a pas fini de courir partout...

- Robin van Persie : Un autre attaquant qui n'a pas toujours été un buteur, à l'image de son glorieux ainé à la pointe de l'attaque d'Arsenal, Thierry Henry. Ailier de formation, régulièrement blessé, malgré un pied gauche d'exception et des qualités techniques hors normes, il a longtemps navigué, chaque saison à Londres, entre 11 et 24 buts, lorsque son corps daignait le laisser en paix, en 2008/2009 et l'an passé. Mais cette saison, il marche sur l'eau. Meilleur buteur de Premier League avec 26 buts, il en est également à cinq en Ligue des Champions, et au total à 37, dont quatre en sélection. Enfin stabilisé en pointe, où il a aisément géré la concurrence de Chamakh, que seuls quelques fanatiques en France considéraient comme plausible, il devrait vite s'envoler pour d'autres cieux. Bon courage à Arsène Wenger pour remplacer son phénomène... mais on disait la même chose lors du départ d'Henry...

- Gonzalo Higuain : La performance du buteur argentin est double. D'abord, malgré des statistiques redoutables (un but toutes les 71 minutes en championnat, 101 toutes compétitions confondues) il reste le remplaçant de luxe de Karim Benzema au Real Madrid, qu'il devance pourtant au classement des buteurs de la Liga (17 à 13 !). Ensuite, pas facile d'exister en Espagne derrière les phénomènes Messi et Ronaldo, et devant des joueurs comme Llorente, Falcao ou Soldado... Pourtant, Higuain, qui n'était pas un buteur type à l'origine, reste une machine à buts sans grand équivalent en Europe, même s'il a du mal à confirmer ce fait dans les grands matches. Mais depuis son arrivée en Espagne, il a signé de grandes saisons (24 buts en 2008/2009, 29 en 2009/2010), sans parler de l'actuelle (21 buts en 39 matches, un de moins que Benzema). Vu que marquer plus que Benzema ne semblera manifestement pas suffire pour passer devant le Français, il lui reste à aller voir ailleurs si un club veut bien d'un attaquant capable de marquer 25/30 buts par saison dans un grand championnat... Il ne devrait pas trop galérer a priori.

- Falcao : L'homonyme de grand Roberto Falcao, milieu brésilien des années 80, n'a que 26 ans, et qu'à trois saisons européennes seulement, mais ses chiffres sont déjà exceptionnels. Buteur quelconque à River Plate (38 buts en trois saisons), l'attaquant colombien s'est mué en machine à but au FC Porto, où il a marqué 72 buts en deux saisons, dont 41 en championnat et 18 en Ligue Europa, en une seule saison, la dernière ! Étonnamment habile de la tête pour un joueur de son gabarit (1m80), à l'image d'un Zamorano avant lui, son talent ne s'est pas perdu en allant à l'Atletico Madrid, puisque cette saison il en est déjà 22 buts, dont 16 en championnat et six en Ligue Europa. A l'avenir, il devrait vite devenir un des tous meilleurs attaquants du monde, s'il rejoint un club plus huppé, bien sûr...

A plus tard !

jeudi 15 mars 2012

Le cas Gomez

Salut à tous,

Avant de commencer, réjouissons-nous de la qualification honnêtement miraculeuse des Marseillais à San Siro. Face à un Inter Milan qui n'est plus que l'ombre de l'équipe qui avait mis au pas l'Europe, et notamment le grand Barça il y a deux ans, Marseille a vu se confirmer la réussite qu'il avait eu au match aller, au Vélodrôme. Mandanda a sorti deux arrêts de mammouths avant la pause, avant que l'étrange alignement de la charnière milanaise offre à Brandao - et au gardien marseillais - son heure de gloire européenne, quelques années après son échec face à la barre du même but, contre le Milan AC à l'époque. Lucio rate son intervention aérienne, son compère Samuel stationne bizarrement trois mètres derrière, le temps qu'il revienne sur Brandao, ce dernier réalise le contrôle de sa vie, après que le ballon, dégagé par Mandanda, lui ai rebondit sur la clavicule avant de lui tomber dans les pieds, et marque un joli but dans sa conclusion. Une belle performance sur le papier, mais rien qui ne montre que Marseille n'est pas, avec Nicosie, l'équipe que les six autres qualifiés rêvent secrètement de tomber dessus lors du prochain tirage au sort.

Si l'OM tombe sur le Bayern Munich, il pourra certes se féliciter d'avoir évité des murs comme le Real et le Barça, sachant que Chelsea, Arsenal ou Benfica sont également prenables cette année. Mais il lui faudra gérer un problème aussi redoutable que sous-estimé de ce côté-ci du Rhin : Mario Gomez. La charnière marseillaise, qui a été surnotée dans l'Equipe alors que ses vis-à-vis, Milito et Pazzini, se sont montrés décisifs, devra se montrer encore plus solide face à un attaquant de ce calibre.

L'avant-centre du Bayern fait partie de la catégorie des attaquants facilement raillés en France : grands, costauds, patauds, lents, et qui a l'étrange idée de n'être préoccupé que par sa tâche, marquer des buts. Pour cela, il reste dans la surface, décrochant très peu, jouant parfaitement en pivot et cadrant quasi systématiquement. Problème, s'il ne marque pas, il donne l'impression de ne servir à rien, et se prend donc des mauvaises notes assez facilement. Comme avec la Mannschaft contre la France, par exemple (1-2). Heureusement pour lui, il marque beaucoup.

Je l'ai déjà dit ici, en France on préfère des attaquants plus romantiques, façon Rocheteau, qu'on voit beaucoup, qui dribble, court partout, et qui signe de bonnes saisons quand il dépasse les vingt buts. Soit le total sous lequel Mario Gomez rate ses saisons. Rocheteau, le genre d'attaquant idéal pour les équipes qui ne gagnent rien. Je n'ai rien contre l'Ange Vert, qui était un des meilleurs attaquants de la planète sans doute, mais lors de la seule compétition que l’Équipe de France version Platini a gagné, l'Euro 84, il n'était pas là. Mais ça n'aurait rien changé, vu que Platoche faisait tout cet été là. J'avais aussi cité Benzema, préféré à Higuain alors que ce dernier, compte tenu de son temps de jeu, marque beaucoup plus que l'avant-centre des Bleus, par ailleurs peu efficace avec ces derniers (5 buts depuis deux ans en sélection). Mais en France, on préfère les belles histoires, les joueurs avec des failles, inconstants, humains. Faut savoir ce qu'on veut, dans la vie.

L’Allemagne, de son côté, avant de voir son palmarès commencer à prendre la poussière à partir de 1996, a empilé les trophées dans son armoire grâce à des buteurs comme Hahn, Seeler, Müller, Völler, Hrubesch, Rummenigge, Klinsmann... des buteurs froids, efficaces, cliniques et, hormis pour ce dernier, pas très jolis à voir jouer. D'ailleurs, si l'Allemagne ne gagne plus de compétitions depuis presque 16 ans, c'est peut-être parce que ses buteurs font un peu moins partie des meilleurs de la planète.

Je ne dis pas que Gomez est celui qui remettra le palmarès allemand à jour, vu qu'il a par exemple raté sa Coupe du Monde 2010. Mais il renouvelle la tradition teutonne des buteurs ultra efficaces, auteur de buts qui donnent l'impression d'être faciles. Sauf que si les attaquants français possédaient la moitié de son sens du placement et de son flair, ils marqueraient beaucoup plus qu'ils ne le font depuis cinq ans.

Mario Gomez va avoir 27 ans cet été, aux alentours de la finale de l'Euro, et il possède déjà des stats dont rêveront peut-être durant toute sa carrière des joueurs comme Gignac, Hoarau voire Benzema, qui compte 59 buts de retard avec trois ans de moins. Surtout si les courbes de leurs efficacités respectives se confirment...

Bref, donc à bientôt 27 ans, Gomez a déjà marqué 195 buts en professionnel, 122 en Bundesliga, dont quatre saisons à 19 buts ou plus, 19 buts en 34 matches de C1, 19 en 26 de Coupe d'Allemagne et déjà 21 buts en 51 sélection (29 titularisations). En Équipe d'Allemagne, il tourne à un but toutes les 127 minutes, contre 183 pour Benzema, soit plus d'une mi-temps supplémentaire pour marquer un but pour le Madrilène.

Cette saison, Gomez en est à 11 buts en C1, soit un de moins que Messi... il en est à un but toutes les 64 minutes (60 pour l'Argentin !). Alors c'est sûr, des buts après une série de dribbles, et conclus sur un petit piqué du gauche, il n'en met pas beaucoup. En fait, il n'en met pas du tout. Par contre, au niveau présence devant le but, efficacité, placement, patience, il se pose là. Notamment mardi soir, il fut parfait sur les trois centres de Ribéry, un au centre du but, un au premier poteau, un en retrait... toujours le bon geste, le cadre est au rendez-vous et le gardien impuissant. Un quadruplé qui fait de l'Allemand d'origine espagnole le troisième joueur de l'Histoire, avec Messi et Inzaghi, à avoir réussi à marquer au moins trois buts lors de trois matches différents de Ligue des Champions. Là aussi, on touche à l'exception.

Alors oui, dans une attaque bien huilée, avec des passeurs d'exception comme le sont Robben, Ribéry, Müller voire Kroos, ça semble facile de marquer 30 buts dans une saison (il en déjà à 34 rien qu'en club cette année...). Mais c'est comme gagner une course de F1 avec la meilleure voiture, encore faut-il savoir la conduire. Gomez reçoit beaucoup de ballons, oui, mais il en gâche peu. Et savoir qu'on a en attaque un avant-centre capable de transformer le moindre ballon qui traîne dans la surface en but, ça donne pas mal confiance à une équipe. En tout cas plus qu'un attaquant qui dézone, qui court partout... sauf devant le but, là où il reste, selon moi, le plus utile. On ne demande pas à un défenseur d'attaquer si ? En tous cas pas systématiquement ! Alors pourquoi demander aux attaquants de passer leur temps à défendre, à déborder, à faire le nombre au milieu ? Sans doute parce qu'ils passent de plus en plus pour des éléments optionnels dans une équipe, les premiers à sortir en cours de match, notamment pour tenir un score. Et quand il faut le forcer, rares sont les techniciens à les empiler, en général ils se succèdent sur la pelouse.

En six décennies, on est passé de cinq à quatre attaquants, puis trois, deux, un seul, et aujourd'hui on voit apparaître les premiers systèmes sans attaquants, comme celui d'Ancelotti avec le PSG, contre Toulouse en janvier (3-1). Par contre, des systèmes à un seul défenseur, on n'est pas près d'en voir.

Bref, c'est bon de savoir que les buteurs, les vrais, ne sont pas morts, notamment dans le pays qui a produit les meilleurs de l'Histoire, Brésil excepté. Même si, on est d'accord, pas grand monde ne paierait un billet juste pour voir jouer Mario Gomez.

A plus tard !