lundi 30 janvier 2012

Un train d'enfer

Salut à tous,

Amis fans de chiffres, voici l'heure du deuxième compte-rendu statistique de la Ligue 1 sur ce blog !

Une 21e journée, la deuxième des matches retours, qui s'est située dans la moyenne basse au niveau buts : 22, pour un peu plus de 25 par journées en moyenne. Indice majeur de cette légère baisse de la moyenne de buts par matches, qui côtoyait les 2,6 à l'automne : pour la cinquième fois consécutive, il y a eu trois matches qui se sont terminés sur le score minimaliste - mais maxi rétribué, trois points - de 1 à 0, soit 30 % à chaque fois. Du coup, en cinq journées, le pourcentage de ce score est passé de 12,5 à 16,67 %, et il est revenu à une unité des 1-1, qui de leur côté n'ont été d'actualité que trois fois sur les... 80 derniers matches !

Au classement, on a rarement connu un tel rythme en tête, et pas mal d'équipes sont dors et déjà décrochées pour la course à l'Europe, comme Bordeaux, 9e, qui compte déjà 10 points de retard sur la 5e place. L'an passé, le neuvième, Toulouse, en comptait... trois, et les cinq premiers totalisaient 179 points, contre 203, soit près de cinq points de plus par équipe ! Du coup, le PSG, leader avec 46 points, compterait neuf points d'avance sur le second de l'an passé, qui était... le PSG. Pourtant, Montpellier a perdu six points sur le club parisien durant les 5 dernières journées, Lyon quatre, Lille cinq et Marseille, aucun.

A noter qu'avant cette journée, deux clubs étaient encore invaincus sur leurs pelouses, Brest et Rennes. Deux équipes qui ne figuraient pourtant pas parmi les meilleures à domicile, en raison d'un trop grand nombre de matches nuls (6 et 5). Problème, les deux clubs bretons recevaient les deux équipes les plus en forme du moment, avec Ajaccio, le PSG et Marseille, qui se sont toutes deux imposées (0-1 et 1-2) sur des buts qui, dans les deux cas, ne resteront pas dans les annales, entre celui de Bisevac que Grougi oublie de sortir sur son but, le csc d'Apam et le tir de Cheyrou relâché dans son but par le pauvre gardien remplaçant de Rennes, Diallo. Avec ce succès, le PSG assoit son statut de meilleure équipe à l'extérieur, avec 21 points pris en 10 matches, contre 18 pour Montpellier et Rennes, qui se sont déplacées à 11 reprises.

Après les trois doublés de la première journée des matches retours, on en a cette fois eu droit à deux, qui ont une saveur particulière. Le Nancéien Daniel Niculae, tout d'abord, qui a marqué deux buts (du gauche, ce qui porte à quatre son total de ce pied, plus une tête, contre aucun du droit pour ce droitier...) sur la pelouse d'Auxerre (1-3), pour qui il a joué durant quatre saisons (29 buts), ce qui fait du Roumain, en un seul match, le meilleur buteur des "revanchards" avec deux unités, dans un classement, qu'on pourrait appeler "challenge PSG", même si cette réputation ne tient pas sur grand chose, qui évolue rarement (4,43 % des buts seulement). Ça fait aussi d'Auxerre la victime la plus fréquente de ses anciens joueurs, avec 4 buts, devant Caen, Nice et Sochaux. Le PSG en est à un.

L'autre est l’œuvre de Nolan Roux, dont j'ai manifestement bien fait de pointer du doigt l'inefficacité jusque là, et qui réussit l'exploit de signer un doublé pour son premier match sous ses nouvelles couleurs lilloises, quelques jours après son transferts de Brest, contre Saint-Étienne. L'attaquant, formé à Lens, ce qui n'est pas anodin pour un joueur du LOSC, a inscrit également ses deux premiers buts dans le dernier quart d'heure, ainsi que son deuxième... doublé contre Saint-Étienne cette saison, après celui inscrit avec Brest le 3 décembre dernier (2-2) ! Ainsi, il a marqué 4 de ses six buts cette saison contre les Verts...

Les deux joueurs rejoignent donc en tête des buteurs des matches retours Jovial, Rémy et Nene, qui avaient frappé deux fois il y a deux semaines, ainsi que Giroud, qui est le seul joueur de Ligue 1 à avoir marqué lors de ces deux journées.

Chez les buteurs, ce dernier a encore accru son avance sur la concurrence, grâce à son 15e but de la saison, six de plus que Rémy, Gameiro et Nene, ses poursuivants immédiats, tous muets ce week-end. L'an passé, Moussa Sow, déjà leader, comptait autant de buts que le Montpelliérain, mais seulement deux de plus sur Nene, déjà, quatre sur El Arabi (Caen) et cinq sur Gameiro et Gervinho. Comme quoi, le renouvellement chez les buteurs de Ligue 1 est limité, d'une saison à l'autre. Eduardo, lui, a signé son deuxième but en deux matches depuis son arrivée de Lens à Ajaccio, lui qui était bloqué à... un but en 14 matches de Ligue 2 avec le Racing, et 9 buts en 63 matches de Ligue 1 jusque là ! Comme quoi, un peu d'air corse, et on est transformé...

Il n'y a eu que 8 buts "étrangers" sur 22, soit 36,3 %, contre un peu plus de 47 sur toute la saison. CAN oblige (le Burkinabé Traoré, 7 buts, le Gabonais Aubameyang et le Ghanéen Ayew, 6, et le Marocain Belhanda, 5, sont concernés), il n'y a eu "que" trois buts africains, contre 4 européens et un seul sud-américain, qui eux ont plutôt l'habitude en général d'hiberner de janvier à avril, présents ou pas. Il n'y a également eu qu'un seul but de la tête, contre 18 % cette saison.A noter aussi le réveil des buteurs de moins de 21 ans, qui ont marqué quatre fois ce week-end, dont le leader de la catégorie, Eden Hazard (8 buts), eux qui stagnent cette saison à même pas 8 %. Du coup, ils se rapprochent de leurs aînés de plus de 31 ans, qui n'ont marqué qu'une fois, par Edouard Cissé, et qui ne comptent plus qu'un but d'avance. Les milieux, eux, ont encore brillé (8 buts), même si c'est en deçà de leur pourcentage habituel (36 % contre 43), mais pas les défenseurs, seul Bisevac trouvant la cible ce week-end, ce qui explique ma difficulté à trouver quatre défenseurs décisifs ce week-end... Ces derniers inscrivent plus de 11 % des buts en temps normal, dont la moitié de la tête.


Cette semaine, j'avais le choix pour désigner un gardien pour mon équipe-type décisive, visible ci-dessus, puisque trois d'entre eux ont arrêtés un penalty. Désolé pour Ospina, finalement défait par Montpellier après avoir mis Giroud en échec (ça aurait été son premier cette saison), et Carrasso, qui a détourné celui de Sagbo (Evian, 0-0), qu'il avait lui-même provoqué face au même homme, mais je vais plutôt choisir Lloris, qui lui a gagné contre Dijon après avoir dominé Jovial dans l'exercice (3-1). Dommage, avec ces trois buts on aurait été à 25, soit la moyenne générale...

Voilà, sinon que dire d'autre... Michel Bastos a adressé sa sixième passe décisive dans le jeu, ce qui lui permet de rejoindre Jérémy Ménez en tête, devant Giroud, Civelli, Hazard et Jouffre, ces deux derniers s'étant également illustrés dans ce domaine ce week-end. Notons également que Sochaux, qui était la plus mauvaise équipe dans le dernier quart d'heure, a récupéré un point durant ce dernier sur la pelouse de Lorient, qui était deuxième de ce classement, et qui recule donc à la sixième place, avec deux points. On a ainsi eu droit à 10 buts durant les 15 dernières minutes, soit le troisième meilleur total de la saison. Un total qu'on avait pas atteint depuis sept journées.

Sur ce, je vous laisse ! A plus tard !

vendredi 27 janvier 2012

Recrutement par défaut ?

Salut à tous,

A y est, la machine à recruter est en marche au PSG. Au niveau financier il reste sage pour l'instant, mais on sent que ça le démange, parce que c'est surtout un concours de circonstance : même ces Qataris complètement hermétiques à la notion de valeur de l'argent ne semblent pas capables de ruiner l'économie de leur pays en dépensant plus de 5 millions d'euros pour des défenseurs certes brésiliens, certes talentueux, mais qui, ces derniers mois, ont surtout marqué de leur postérieur le banc de leurs anciennes équipes respectives. Du coup, à côté du mercato de Lille ou de... Dijon, celui du PSG semble presque humble, raisonnable. une anomalie, compte tenu des nouveaux barèmes en vogue du côté de la capitale cette saison.

Si on excepte Ronan le Crom, surtout venu là pour... on ne sait pas trop d'ailleurs, vu que le club parisien ne semblait pas vraiment démuni dans les buts, avec le combo classique, deux bons gardiens, Sirigu et Douchez, et un espoir local, le très jeune Alphonse Aréola (18 ans), ne sont pour l'instant arrivés "que" Maxwell, venu du Barça où il n'était jamais parvenu à déloger Abidal du poste de latéral gauche, et depuis aujourd'hui Alex, qui n'était plus titulaire depuis deux saisons et demie à Chelsea, pour qui il avait disputé 44 matches durant cette période, dont 9 cette saison, 3 en championnat. Du clinquant, de l'Auriverde, tout ce qu'on a toujours aimé du côté de la Porte d'Auteuil, malgré quelques inévitables couacs (Edmilson, Reinaldo...), mais le PSG semble encore loin, par exemple, de Manchester City, club au profil un peu similaire puisqu'il bénéficie, depuis un peu plus longtemps, de l'apport de l'argent du Golfe, mais qui, lui, débauche des internationaux actifs en sélection et titulaires dans leurs clubs, à l'image de David Silva, Yaya Touré, Samir Nasri, Sergio Agüero... une différence de taille tout de même. De son côté, le PSG, qui a également cherché ces dernières semaines à faire venir Pato ou Tévez, se contente de ramasser ce que les grands clubs européens stockent frénétiquement sur leurs luxueux bancs de remplaçants. Pourquoi ?

Il y a quand même eu un progrès, certes au prix d'une petite vilénie envers ce brave Antoine Kombouaré, depuis l'arrivée d'Ancelotti : aujourd'hui, les joueurs étrangers sont tentés de venir à Paris, même s'ils ne disent pas automatiquement oui. L'entraîneur italien, dont le palmarès long comme une matinée au Camps des Loges parle pour lui, donne envie à quasiment n'importe quel joueur d'être dirigé par lui. Problème, si Paris et le PSG sont loin de les rebuter d'entrée, il reste un problème de taille : la Ligue 1. Non pas que cela soit affreux de venir jouer à Paris, mais on comprends Tévez ou Pato : plutôt que d'affronter plusieurs fois par an le Milan AC, la Juventus ou la Roma dans des stades certes vieillots mais souvent très chauds, il s'agirait d'affronter Marseille, Lyon ou Lille, de bons clubs français mais qui ont du mal à émerger au niveau européen, et là je ne parle pas de se qualifier pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions, performance à la portée de l'APOEL Nicosie ou du FC Bâle cette saison. Et il faudrait certes aller au Vélodrome, un des rares stades français, avec le Parc des Princes, Geoffroy-Guichard ou Bollaert, à allier taille appréciable et ferveur populaire, mais aussi s'ennuyer à Gerland ou se choper des engelures dans la frigo crépusculaire du Stadium Nord de Villeneuve-d'Ascq. Et là, je ne parle que des formations côtoyant régulièrement le haut du tableau...

Et puis il y a la médiatisation, et la peur de ne plus être visible aux yeux de leurs sélectionneurs respectifs. Demandez à Bastos, Nene ou Lisandro ce qu'ils en pensent... Bref, ça fait logiquement réfléchir, Paris ou pas, pont d'or ou pas.

Bref, la Ligue 1 n'attire logiquement pas autant que les quatre autres grands championnats, ce n'est pas un scoop. Mais ça reste un point d'achoppement au moment de faire venir à Paris des pointures de très grosses envergures. Certes, si QSI ne s'était pas pointé à Paris en juillet dernier, Pastore, Ménez, Maxwell ou Alex ne seraient jamais venu en France, ou pas avant longtemps. Mais le premier n'était qu'un espoir (très) prometteur, le second stagnait à Rome et j'ai déjà évoqué les deux derniers. Tâchons donc de relativiser ces apports sportifs : très intéressants pour la Ligue 1, mais un peu court pour viser les objectifs annoncés à moyen terme, à savoir la victoire en Ligue des Champions. Pour cela, ce n'est plus des remplaçants qu'il faut débaucher, mais des titulaires. Mais le PSG a encore le temps, et le prochain mercato estival s'annonce déjà... démesuré.

Penchons nous un peu sur le cas d'Alex, défenseur central très puissant mais manquant légèrement de vitesse - un classique - et habile pour marquer des buts, soit sur corner, soit sur coup-franc, une de ses spécialités. Rappelons nous de son but égalisateur contre Lyon, en quart de finale de la Ligue des Champions, en 2005, avec le PSV (1-1), avant une séance de tirs aux buts fatale aux Gones. Il en est d'ailleurs à 6 buts dans l'épreuve, en 59 matches, une moyenne de milieu de terrain, la même qu'il mène en carrière depuis son arrivée en Europe, en 2004 (30 buts en 293 matches).

Personnellement, son arrivée me rappelle celle de Geraldao. Pour les plus jeunes qui me lisent, il s'agissait d'un défenseur brésilien particulièrement lourd et pataud, arrivé à Paris en 1991 juste après que Canal ait acheté le club, en compagnie de Valdo et Ricardo, précédé d'une réputation très flatteuse de défenseur buteur, bâtie à Porto durant la saison précédente (13 buts, tout de même). Compte tenu du fait qu'aujourd'hui, pas grand monde ne se rappelle de lui, inutile de préciser qu'il ne connu pas au Parc la même réussite que ses compatriotes. D'une lenteur dramatique, il fut devancé au temps de jeu par Ricardo et... Antoine Kombouaré, ne marqua qu'un but en 29 matches et parti au bout d'un an finir sa carrière au Mexique, puis au Brésil.

Entendons nous bien : loin de moi l'idée de comparer Alex, qui a quand même réussi de belles choses dans sa carrière, à Geraldao, qui était un parfait inconnu à l'époque, même s'il était lui aussi international (17 sélections). Simplement, Diego Lugano aussi est arrivé avec une réputation et un parcours très solides, avec pour résultats de grandes difficultés dans le jeu, parfois compensées par sa combativité et son expérience. Et Alex me semble présenter un profil un peu similaire à l'Uruguayen : puissant, habile sur les corners, mais à la ramasse dès que le rythme s'accélère.

Et surtout, comment l'utiliser ? L'ancien londonien arrive dans un secteur pour le moins encombré à Paris, la défense centrale, puisque Sakho, Lugano, Bisevac, Camara, voire Armand, excellent durant toute la saison dernière dans l'axe, y font déjà la queue. A l'heure actuelle, les deux premiers nommés sont les préférés d'Ancelotti depuis son arrivée, sachant que Bisevac, lui, redécouvre le couloir droit. On peut dors et déjà se soucier pour le temps de jeu de Camara et Armand, mais lequel de Sakho ou Lugano va pâtir de l'arrivée du Brésilien ? Sakho semble indéboulonnable, notamment par son statut d'enfant du club mais surtout par ses qualités intrinsèques, supérieures à la moyenne, et Lugano, qui a le profil du pauvre gars relégué sur le banc après des débuts compliqués, a été relancé par Ancelotti à son arrivée, alors que Kombouaré lui préféraient Camara et Bisevac pour épauler Sakho, avec succès d'ailleurs. Du coup, à moins d'un turn-over effréné que la seule Coupe de France en plus de Ligue 1 ne saurait vraiment justifier, va y avoir de la casse dans l'axe. On voit mal le technicien italien laisser sur le banc une de ses recrues hivernales - qu'il a par ailleurs connu à Chelsea.

Pas sûr qu'Alex soit prêt physiquement pour aller à Brest ce week-end, mais on sera vite fixé sur le sujet quand même ! A plus tard !

mercredi 25 janvier 2012

Pepe le méchant

Salut à tous,

En ce moment, et notamment depuis le dernier Clasico en date - évènement qui porte de mieux en mieux son nom, vu sa fréquence depuis un peu plus d'un an... - , c'est un peu la fête à Pepe. Oui vous savez, Pepe, ce charmant samaritain qui aime taquiner les doigts de ses adversaires, surtout quand ceux ci appartiennent au meilleur joueur du monde, actuellement occupé à faire la misère à son équipe, et qu'ils trainent sur le sol. Dernier fait d'arme d'une longue série de la part d'un joueur qui par ailleurs est peut-être actuellement le meilleur défenseur du monde.

Ce phénomène pourrait s'appeler le syndrome Cyrille Rool, ou Marc van Bommel. Des joueurs souvent très talentueux, mais que les mauvais gestes et l'attitude agressive sur le terrain ont privé d'une carrière, ou d'une reconnaissance pour ce dernier, nettement plus flatteuse. Lorsqu'il est arrivé du FC Porto à Madrid, pour le montant record, pour un défenseur, de 30 millions d'euros, en 2007, il était pourtant assez peu connu du grand public, mais nul doute que pour engendrer une telle indemnité de transfert, même de la part d'un club aussi peu regardant sur le nombre de zéros que le Real Madrid, il devait déjà être reconnu par le milieu comme étant une perle à son poste. Aujourd'hui, il est en passe de voir sa réputation se résumer à un jeu primaire, voire bestial, à cause de ces matches sur-médiatisés face au Barça, dans lesquels il semble voir à chaque fois le rôle de bad guy réservé à son nom.

Mais finalement, qui est responsable de ça ? Certes, Pepe n'est pas un poète, il est grand, il est costaud, il n'est pas très beau et en plus, à chaque Clasico, c'est lui qui passe pour l'équarrisseur de service. Pourquoi ? Sans doute parce que lui, habituel et intraitable défenseur central, est à chaque fois aligné au poste de milieu défensif, de vigie devant la défense, dès qu'il s'agit de croiser Lionel Messi et consort. Et que si c'est le cas, ce n'est certainement pas pour améliorer la relance de son équipe ou de fluidifier son jeu. Non, son rôle, forcément, c'est d'apporter du muscle dans un secteur où le Barça est toujours dominateur, là où ce dernier élabore son jeu génial, fait de passes redoublées à 40 mètres du but, en attendant que l'adversaire, fatigué de courir sans espoir derrière un ballon insaisissable, oublie de fermer un espace, ce qui lui coûte en général une occasion dangereuse, et souvent un but. C'est ce qui fait que, paradoxalement, les matches du Barça peuvent parfois être ennuyeux à regarder, comme celui à Malaga ce week-end : de longues périodes de possession d'apparence stérile, et puis bing, une passe d'Iniesta, une accélération de Messi, et t'as pris quatre buts sans savoir pourquoi. C'est également ce qui est arrivé au Real durant ses derniers rendez-vous contre son ennemi intime. Et ce, malgré l'apport de Pepe au milieu.

Que l'on soit clair là-dessus : si Mourinho, puisque c'est lui le responsable de cette idée "géniale", aligne son compatriote devant la défense, c'est pour essayer de briser cela, ce jeu catalan qu'il ne parvient pas à égaler, et qu'il avait réussi à contrer il y a deux ans, avec l'Inter, en demi-finales de la Ligue des Champions (3-1, 0-1). En même temps, qui peut ? Ce n'est pas juste parce que Guardiola a décidé que le Barça devait jouer de cette manière qu'il y parvient. On disait la même chose quand Johan Cruyff occupait son poste, il y a 20 ans, et qu'il était encore sur le terrain, dans le rôle qu'occupe Xavi aujourd'hui. De même que lorsque c'était Rijkaard qui occupait le banc, il y a quelques années, toujours avec Xavi aux manettes mais avec Ronaldinho, Eto'o et un Messi encore adolescent à la conclusion. Depuis vingt ans, une seule période a vu cette philosophie de jeu a vu être mise entre parenthèses, celle de Louis van Gaal, pourtant héritier, comme Cruyff, des préceptes de jeu de l'Ajax, qui ont eux-mêmes influencés ceux du Barça.

Si Barcelone joue de cette manière, comme à Amsterdam, et comme à Auxerre et Nantes à une époque, c'est parce que tous les équipes de jeunes jouent exactement de la même manière, depuis les gamins jusqu'à la réserve professionnelle, d'où sortent chaque année, une demi-douzaine de futurs pros talentueux. Ce qui explique aussi que, souvent, les joueurs offensifs de ces équipes ont du mal à s'adapter à d'autres formations, notamment en sélection. Les ailiers auxerrois (Cocard, Vahirua...) ou nantais (Amisse, Pédros...), par exemple, n'ont que rarement réussi à trouver les mêmes conditions tactiques ni dans d'autres clubs, ni en Équipe de France, et donc la réussite que leur talent semblait pourtant leur promettre. A un autre niveau, les difficultés que Messi rencontre en sélection, à son tour, découlent probablement du même mécanisme.

Bref, tout ça pour dire que Mourinho, malgré tout le génie qu'on lui colle - qui semble plus, à mon avis, provenir d'un remarquable sens du management et de la communication, que d'un esprit tactique révolutionnaire... - est incapable de répondre autrement au défit proposé par un club sensé, par ailleurs, être l'égal que le sien sur le plan de la renommée, de la gloire et de la puissance financière, qu'en délaissant le jeu pour privilégier celui de la destruction, du béton, comme un vulgaire 15e de Liga ou une équipe de CFA cherchant l'exploit en fermant toutes les portes pour atteindre le 0-0 salvateur ou les tirs aux buts. Pourquoi ? Parce que lorsqu'il a essayé de jouer le jeu face au Barça avec le Real, il s'est planté. Alors que quand Pepe est là, avec ses grands compas et son aptitude à éteindre - momentanément - Messi ou Xavi, il n'y arrive toujours pas, mais dans des proportions moins grandes.
Alors certes, je ne pense pas que Mourinho ait demandé à Pepe, en le plaçant devant sa défense, de marcher sur les doigts de Messi dès qu'il en aurait l'occasion, ou de balancer des coups à tout va. Simplement, il ne l'a pas placé là non plus améliorer le classement du fair-play du Real, il faut être réaliste. Il sait que Pepe, même au milieu, se comportera comme un défenseur, et que son physique de colosse le fera ressembler à un éléphant dans un magasin de porcelaine : il y aura forcément de la casse. Et puis, pour ce genre de joueur, faire peur, c'est l'essentiel. Aussi costaud peut-on être, si on est considéré comme gentil dans ce genre de sports de contacts, on est aussi utile qu'un cinquième arbitre. Le fait qu'il passe pour un méchant au matraquage facile l'aide dans sa tâche, il n'a rien inventé et est loin d'être le premier à utiliser cette technique pour se faire respecter sur un terrain. Quitte à voir ses véritables talents de défenseur éclipsés.

Je crois que ce genre de réputations, à 28 ans, est rarement rattrapable, et il aura du mal à s'en débarrasser, mais ça ne l'empêche pas d'essayer quand même, sans pour autant devenir un agneau. Mais il est aussi une sorte de victime des choix d'un Mourinho qui a déposé les armes après la "manita" de novembre 2010, lors de laquelle il avait cru pouvoir contrecarrer le Barça par le jeu, offrant par la même des espaces dont les Catalans n'auraient même pas eu besoin pour de toutes façons l'emporter. C'est un peu le principe des chiens méchants : il le sont rarement sans l'encouragement de leur maître.

A plus tard !

lundi 23 janvier 2012

La Bundesliga, saine et offensive

Salut à tous,

De part mon travail, j'ai l'occasion de suivre d'un peu plus près que les autres - hormis la Ligue 1, évidemment - la Bundesliga. Un championnat d'Allemagne que j'ai vite adopté, malgré ma méconnaissance totale de la langue de Goethe. Même si, à force, j'ai appris à connaître les termes propres au football : Eigentor (contre son camp), Tor (but), Rechtsschuss (droit), Elfmeter (penalty)... Une compétition qui, surtout, est très peu suivie en France, peut-être parce qu'elle ressemble, par certains aspects, un peu trop à la Ligue 1. Voyons un peu pourquoi, en détail, et pourquoi j'apprécie ce championnat.

- D'abord, les points communs avec le championnat français : les Allemands ne réussissent pas beaucoup plus que nous en Coupe d'Europe, et ils ne nous devancent pas de beaucoup au classement UEFA, même si notre cinquième place est désormais directement menacée par les Pays-Bas, le Portugal et la Russie. Le Bayern Munich est l'arbre qui cache la forêt, et la demi-finale de Ligue des Champions de Schalke 04 l'an passé est plus à ranger à côté de la finale de Monaco en 2004, par exemple, qu'autre chose. Les autres, comme Dortmund cette année dans la compétition phare, ou Wolfsburg, auparavant, peinent franchement au niveau européen. Ensuite, le manque de têtes d'affiches. Même le Bayern ne semble plus vraiment en mesure d'attirer les tous meilleurs joueurs du monde, hormis quelques Allemands, bien entendus, à l'image des internationaux Neuer, Lahm, Schweinsteiger, Müller ou Gomez. L'excellente santé de l'équipe nationale allemande permet au grand club bavarois de faire ce que Lyon, Paris ou Marseille, aussi riches ou presque en internationaux locaux ne peuvent pas, en raison du creux générationnel subit actuellement par l'Equipe de France : s'appuyer sur les meilleurs joueurs du pays pour exister sur le plan européen. En même temps, la quasi intégralité des internationaux allemands évoluent au pays, contrairement à la France, même si cette tendance s'équilibre depuis 2006.

- L'Allemagne, qui, contrairement à nous en 1998, a parfaitement profité du Mondial organisé sur son sol en 2006, peut s'appuyer sur des infrastructures ultra modernes, notamment des stades sublimes, souvent neufs et qui feraient pâlir d'envie absolument tous les clubs français, quasiment tous les Italiens et pas mal d'Espagnols ou d'Anglais. Des enceintes conviviales, mais en même temps impressionnantes par leurs architectures fermées et leurs capacités d'accueils. La Bundesliga est aussi un championnat sain financièrement. Les pays du Golfe n'ont pas encore réussi à y percer, tout comme n'importe quel investisseur étranger, les clubs vivent de leurs revenus et rares sont ceux qui possèdent des dettes. Même le richissime Bayern dépense tous les ans l'argent qu'il gagne grâce à un stade ultra rentable, un merchandising qui devraient inspirer beaucoup de clubs français, très en retard sur ce plan, et bien sûr des résultats sportifs satisfaisants. C'est aussi en cela que le football allemand ressemble au notre, qui est certes endetté, mais très fortement en deçà des autres championnats majeurs (Angleterre, Italie, Espagne) : lorsque le fair-play financier souhaité par Platoche fonctionnera à plein - si ça arrive -, et que les clubs européens très fortement endettés seront sanctionnés, voire exploseront, ils seront ceux qui en profiteront. On a hâte de voir ça...

- Sur le plan du jeu, tout de même, et bien je ne vous surprendrais pas si je vous dis qu'on se régale de ce côté ci de la Forêt Noire. La Bundesliga est le championnat majeur le plus prolifique, et de loin, si on ne compte pas les Pays-Bas, même s'il est en baisse par rapport à ses standards habituels, avec "seulement" 2,81 buts par matches cette saison. Mais l'an passé par exemple, on a marqué en Allemagne 894 buts, soit quatre de plus qu'en France... avec 74 matches de moins ! Pourquoi une telle moisson, qui se répète année après année ? D'abord, la qualité des attaquants en Allemagne, et notamment ceux du cru. Comme en Angleterre ou en Italie, on ne chipote pas sur les attaquants quant à savoir s'ils savent défendre, s'ils sont de bons remiseurs ou s'ils sont altruistes ou pas, comme en France. Un seul critère est reconnu : l'efficacité devant le but. Et c'est ça qui a permit à l'Allemagne de remporter tant de trophées avec ses Völler, Klinsmann, Hrubesch, Gerd Müller, etc, tandis que la France se pâmait devant des attaquants romantiques mais inefficaces comme Rocheteau, Six ou Dugarry, quand de véritables buteurs comme Trezeguet ou Lacombe étaient relégués sur le banc ou mal exploités. Ensuite, il est rare qu'un attaquant qui brille en Allemagne ne réussisse pas ailleurs. Il suffit de regarder, par exemple, la réussite d'Edin Dzeko, ex Wolfsburg, à Manchester City. 

Une question d'état d'esprit, aussi. Jadis en vogue en Allemagne, la défense à cinq a complètement disparu, même chez les clubs en difficulté, ce qui n'est pas le cas en France, où Arles-Avignon, et Nancy, et même Bordeaux cette année, ont tenté l'expérience, avec plus ou moins de bonheur. Surtout, le deuxième milieu défensif a tendance à disparaître, contrairement au meneur de jeu et au deuxième attaquants, quasi immuables. Le meilleur exemple est le Werder de Thomas Schaaf, qui, malgré des saisons moins réussies que d'autres, n'a jamais dérogé à son 4-4-2 en losange, ce qui lui permet d'aligner un meneur à l'ancienne et deux pointes, et à son public de très rarement s'ennuyer. Enfin, tout le monde attaque en Allemagne, et d'ici à ce qu'on voit là-bas un 0-0 célébré par des bonds de cabri par un entraîneur façon Pablo Correa...

- Et puis , y a la culture foot en Allemagne, mais là je pourrais dire la même chose de l'Espagne, de l'Italie et de l'Angleterre par rapport à la France. Les stades sont grands, et pourtant ils sont pleins, et ils sont très bruyants. Dans ces pays, il est difficile de passer pour un beauf ou un ringard si on affirme aimer le football, pas besoin de se cacher ou de changer de sujet : c'est populaire, mais c'est tendance quand même.

Bref, vive la Bundesliga ! Même si elle me fait me coucher très tard entre chaque dimanche...

A plus tard !

dimanche 22 janvier 2012

Ces clubs plus célèbres que leurs villes


- Manchester United et City : Seuls les fans d'Oasis peuvent connaître cette ville autrement que par le foot. Deux des plus grands clubs du monde, parmi les très très très riches, détenus par des milliardaires, résident et se concurrencent au sein d'une des villes les plus pauvres et les plus industrielles du Royaume-Uni. Avant que les pétrodollars ne transforment City en gare de triage des gros salaires du foot, la simple présence de United dans cette ville battait déjà en brèche l'idée qu'un grand club ne pouvait prospérer que dans une grande ville riche. C'est un peu comme si deux clubs lensois ou stéphanois dominaient le monde. Mais il n'y a sans doute que dans le pays du foot que ce genre de trucs peuvent arriver.

- Auxerre : Plus proche de nous, l'AJA (association de la jeunesse auxerroise), comme Lorient postule à le faire aujourd'hui, réalise un miracle permanent depuis plus de trente ans maintenant. Ce club amateur par excellence s'est construit tout seul (enfin, avec l'aide de Guy Roux quand même) et est devenu le deuxième club le plus ancien de la Ligue 1 en terme d'années consécutives de présence, derrière le PSG. Et ce en gagnant un titre de champion il y a 15 ans, en gagnant plusieurs coupes et en recevant les plus grands clubs d'Europe sur sa pelouse en Coupe d'Europe. Sérieusement, qui connait Auxerre pour autre chose que l'AJA ?

- La Corogne : L'Espagne commence à ressembler à l'Angleterre dans le sens que plusieurs clubs ne sont autre que des banlieusards de Madrid (Levante, Getafe... en plus de l'Atletico et du Real), de Barcelone, de Séville ou de Valence. Et donc la Corogne est quasi un cas unique, puisque ce club, qui n'avait rien gagné avant les années 90, dont il fut un des meilleurs clubs d'Europe avant de baisser de pied depuis 10 ans, est tout seul dans son coin, dans le nez de l'Espagne. Et que sa ville est complètement inconnue...

- Hoffenheim : Au fond, il n'y a peut-être que comme ça, sauf à Auxerre, qu'on peut réaliser l'exploit de créer un club de première division dans un village parfaitement inconnu : qu'il y ait un milliardaire qui y soit né, et qui décide de mettre beaucoup d'argent dans le club local. C'est le cas d'Hoffenheim, que personne, même en Allemagne, ne connaissait il y a cinq ans. Aujourd'hui, la Bundesliga ne fait même plus attention à ce club qui assure sans problème chaque année son maintien en finissant dans le milieu de tableau, au bas mot...

- Anzhi Makachkala : J'avoue que la géographie russe m'échappe quelque peu, sans parler de celle du Daguéstan, une de ses républiques qui n'ont pas, elles, réussi à devenir indépendantes. Mais franchement, y a peu de chance que Makachkala soit connu par quelqu'un en France qui ne s'intéresserait pas au foot. Ce club tente, et y parvient pas trop mal, à faire la nique aux clubs moscovites, le CSKA et le Spartak principalement, grâce à un milliardaire, encore une fois, qui a fait venir quelques bons joueurs, un retraité de luxe, Roberto Carlos, 38 ans, et surtout Samuel Eto'o, un des tous meilleurs attaquants du monde, si ce n'est le meilleur. Et ça marche, même si ce dernier ne flambe pas trop.

Je vous laisse, en attendant vos propositions d'autres clubs étranges :p

samedi 21 janvier 2012

Deux tiers de Mercato

Salut à tous,

Cette année, et contrairement aux exercices précédents, on ne pourra pas dire que le mercato d'hiver ne sert à rien, qu'il ne s'y passe rien, à part le 31 janvier entre 23h45 et minuit, que c'est surtout fait pour raccommoder des effectifs qui n'auraient pas été bien évalués par des entraîneurs distraits, ou, dans le cas du PSG par exemple, par le précédent. Non, cette année, le mercato a une certaine tenue, et il reste encore 10 jours avant sa fin, de quoi bien s'amuser, du moins si les enveloppes de recrutement des clubs déjà actifs n'ont pas été définitivement vidées de leurs contenus.


En même temps, même les années précédentes il y avait déjà beaucoup de mouvement, peut-être pas forcément en France, mais sur toute la planète, et notamment en Europe, ça circulait bon train. Et ce n'étaient pas seulement des sous-fifres qui changeaient d'atmosphères : par exemple, l'hiver dernier, Chelsea recrutait David Luiz (Benfica) et Fernando Torres (Liverpool), certes pour des résultats divers mais surtout pour 82 millions d'Euros à eux deux. On est loin du prêt d'un jeune à casque avec option d'achat au Havre.


En France, comme principales têtes d'affiche changeant d'écuries, on avait eu droit au Brésilien André à Bordeaux, pour un résultat proche de l'accident industriel ; des prêts de Bellion (Bordeaux) à Nice, Sunu (Arsenal) à Lorient, Alonso et Aubameyang (Monaco) à Sainté ; aux arrivées de Boukari (Lens) à Rennes pour 4 millions, Utaka (Portsmouth) à Montpellier, de Feindouno, Moukandjo, Maazou, Welcome, M.Diarra et G.Lacombe à Monaco, pour le résultat probant que l'on sait, et de Verhoek (Den Bosch) à Rennes, et du départ de Makoun (Lyon) à Aston Villa pour 6 millions, de Bergessio et N'Daw (Sainté) à Catane et à Saragosse, de Sverkos (Sochaux) à Panionios et de Sessegnon (PSG) à Sunderland pour 7 millions. Et oui, c'était y a seulement un an, on a l'impression que c'était un peu plus vieux que ça... Bilan de tout cela ? 80 % d'échecs, environ. Seules les opérations Aubameyang, Boukari et Utaka, côté arrivées, peuvent être considérées comme à peu près probantes. C'est maigre, c'est tout sauf clinquant, mais ça prouve que ça avait quand même un peu bougé, sachant que j'en ai laissé quand même plein de côté...

Cette année, rien qu'en France encore une fois, et sans l'impulsion du PSG, qui semble se désintéresser, à tort ou à raison, au marché national, mais non sans celle de Lille, on a déjà eu de quoi se mettre sous la dent. Le Champion de France qui va se voir délesté de son buteur attitré, Moussa Sow, qui devrait vite signer pour Fenerbahce et son challenge sportif ébouriffant. Que Mamadou Niang et ses 30 ans aient été tentés par les charmes du Bosphore, soit, à la rigueur. Mais que Sow, 26 ans et à peine sacré meilleur buteur de Ligue 1, n'ai pas été capable de se dégoter ne serait-ce qu'un bon petit club anglais pour progresser, et s'en aille en Turquie défier Orduspor et Mersin Idman Yurdu, va falloir me faire un mémo parce que j'ai échappé un truc.


Bref, toujours est-il que voilà nos Dogues un peu plus riches que prévu à cette époque de l'année, et qui du coup s'en vont récupérer un des solides espoirs du football français au poste d'avant-centre, à savoir Nolan Roux (Brest). Personnellement, j'ai toujours un petit problème avec cette lubie qu'on les observateurs français de surclasser des attaquants et peu élégants et qui marquent des buts spectaculaires, plutôt qu'à l'aune de leur rendement devant le but. On ne voit ça qu'en France, à l'étranger on a souvent l'étrange habitude de considérer qu'un attaquant est "bon" quand il marque beaucoup, point barre. Non parce que Nolan Roux, en Ligue 1, c'est 10 buts en 46 matches. C'est pas médiocre, il est jeune, mais on a vu mieux, même en Ligue 1. Si si, je vous assure qu'on a vu mieux. Alors, peut-être va-t-il exploser au sein d'un collectif mieux huilé et plus offensif que celui de Brest, mais je reste perplexe quand même. Après tout, les médias officiels ont bien essayé de nous faire croire que Marouane Chamakh était un grand buteur (alors que son record sur une saison est de 13 buts, sachant qu'il jouait en général beaucoup plus que ses collègues), alors pourquoi pas Roux ? En même temps, je ne m'étais pas trompé sur Chamakh...


Notons également le recrutement lillois du jeune Costaricien John Jairo Ruiz, qui vient compléter une collection d'avant-centres (Jelen, De Melo, Roux, Ruiz, Gianni, Rodelin...) assez étonnante pour une équipe n'évoluant jamais avec plus d'une seule pointe... Mais les deux premiers sont des abonnés de la rubrique infirmerie, et les autres sont des jeunes.

Ajaccio semble également avoir eu la main lourde en recrutant Eduardo (Lens), qui est pourtant loin d'être une pointure. Mais son but d'entrée contre Auxerre (2-1), dans une équipe actuellement en pleine confiance, a dors et déjà apporté des points précieux au promu, qui pourrait en glaner d'autres. Le transfert de Ludovic Obraniak à Bordeaux ne peut pas non plus être considéré comme étant anecdotique. Titulaire bis à Lille, où ses coups de pied arrêtés faisaient souvent mal, il va sans nul doute apporter beaucoup techniquement aux Girondins qui en avaient terriblement besoin. Par contre, j'ai toujours autant de mal avec les ailiers contrariés, qui ralentissent le jeu en se replaçant constamment sur leur pied préféré, au lieu de déborder et percuter. Et comme il n'a pas vraiment la vitesse de Messi pour repiquer dans l'axe et dribbler tout le monde... Le seul intérêt, c'est pour frapper de cet angle, et ça il sait le faire.

Bordeaux qui a également recruté un latéral droit brésilien, Mariano, déjà auteur d'une passe décisive pour son premier match, contre Valenciennes (2-1). Avec Eduardo, voilà déjà deux Brésiliens à l'heure en plein hiver, ça c'est pas banal... espérons pour Francis Gillot, mon Droopy préféré, qu'il ne s'agisse pas d'un énième André... le club aquitain qui s'est également "débarrassé" d'Anthony Modeste, qui n'avait pourtant pas démérité durant sa première saison (10 buts), et qui tournait encore cette saison à un but toutes les 158 minutes, une moyenne de meilleur buteur. Mais bon, les gens doivent le trouver moins joli à regarder que Nolan Roux. Pas grave, il va avoir de quoi faire à Blackburn.

Étonnamment, le club le plus actif de ce mercato pourrait bien être Dijon, qui n'est pourtant ni en crise, ni pillé ni racheté par une famille du Golfe. Auteur d'un très bon début de saison, compte tenu de ses moyens et de l'extrême pessimisme général à propos de son maintien en début de saison, le promu et son entraîneur, Patrice Carteron, semblent manifestement éprouver le besoin urgent d'améliorer leur effectif. Ce dernier semblant certes un peu juste en défense, où la charnière, malgré l'apport d'Abdoulaye Meïté, n'a pas particulièrement brillé, notamment en l'absence de ce dernier, les arrivées du défenseur central Zia Diabaté (Dinamo Bucarest), du gardien international ivoirien (malgré son nom ghanéen) Daniel Yeboah (ASEC Abdijan) pourraient - peut-être - lui apporter, mais pas autant que celle du (vrai) Ghanéen Bennard Kumordzi, milieu défensif venu de Panionios. Celui-là, je met une petite pièce dessus, c'est un tout bon. Et devant, Koro Koné, venu de Slovaquie, Hakeem Achour (Ivry) et surtout Gaël Kakuta sont arrivés. A chaque fois, une perle au milieu d'interrogations, espérons que ça ne déstabilisera pas un effectif qui avait l'air de pas trop mal s'en sortir...

A noter également le recrutement de Kahlenberg à Evian, où les nouveaux sont rarement banals, on l'aura remarqué, et des prêts, cette fois prévisibles, de Puygrenier, Bayal et Mollo à Nancy. Des paris, pour une équipe qui avait vraiment un gros problème d'effectif, vu qu'il était complètement pourri. Aleksic (Sainté), Doubaï et Banana (Sochaux), Camara et Djuric (Valenciennes), et bien sûr Anin, qui est bel est bien arrivé à Nice, seront parmi les curiosités de cette deuxième partie de saison, mais peut-être pas autant que Maxwell (PSG), qui a plutôt bien débuté contre Toulouse en championnat (3-1). Les fois où le Barça vend un joueur à un club français, même un remplaçant, sont assez rares pour être soulignées. Mais même ce dernier ne sera pas autant scruté que la grande star que les Qataris souhaitent faire venir à Paris cet hiver. Si elle vient... Pour l'instant, je suis très mesuré.

Savourons ces derniers jours et ne goûtons pas notre plaisir, même si l'argument comme quoi le mercato fausserait le championnat est des plus recevables. Même si, au final, je n'ai pas souvenir de recrutement qui ai réellement permit à une équipe de gagner le titre par exemple. Si vous me parlez de Brandao, vous allez m'entendre.

Allez, à plus tard !

jeudi 19 janvier 2012

De la relativité du but

Salut à tous,

En ce moment se déroule le championnat d'Europe de Handball, dans l'indifférence un peu moins générale qu'auparavant, mais quand même. La France a la meilleure sélection du monde, les meilleurs joueurs de la planète, mais elle traite toujours son équipe de culs-de-jatte comme de simples participants à une compétition handisport qui, soit dit en passant, mériterait également une exposition infiniment supérieure à ce qui lui est réservé habituellement.

Pour un fana de football, par nature imperméable aux autres sports, regarder un match de hand relève de l'expérience psychotrope. Lui pour qui la notion de but revêt un caractère d'exception, unique, une occasion d'exploser ou de s'effondrer, de jubiler ou de déprimer, et toujours de tirer des conclusions définitives sur un joueur ou une équipe, conclusions qui seront en générales battues en brèche dès le match suivant, il se retrouve coincé dans un torrent, un tsunami de buts qui les rendent aussi exceptionnels qu'une touche en retrait pour son gardien chez les manchots. Surnom galvaudé d'ailleurs, puisqu'il est difficile d'imaginer une touche adressée à un gardien avec que des manchots sur le terrain, mais passons.

Un but au foot, c'est une vague qui vous retourne alors que vous étiez en train de vous ennuyer tout en barbotant dans la Méditerranée ; la fève que vous dénichez enfin dans votre part de galette après des années de déception à voir votre petit neveu la recevoir systématiquement, juste pour lui faire plaisir ; c'est, surtout, la scène clé d'un bon film, que vous sentiez arriver car le réalisateur a parfaitement su faire monter la scène. Enfin ça, c'est après qu'elle soit passée parce que en fait, vous n'avez rien vu venir. Ce sera plus tard, en regardant le DVD, que vous vous rendrez compte qu'il y avait des signes qui montraient que le héros allait se retrouver face au méchant dans un délire musical.

Le but, ce trésor

Un but, même un vilain, c'est une pépite, un diamant qui n'est pas poli et qui va se retrouver analysé dans tous les sens, décortiqué à coups de statistiques, de flèches et de ronds étranges. Certains joueurs - les défenseurs et/ou le gardien - se verront reprocher un manque au marquage, une erreur de placement, un tacle raté, un plongeon un peu court ou à contre-temps, un ballon relâché.

D'autres - les attaquants - se verront crédités, au choix, de chance, d'opportunisme, de génie, de réalisme, et seront même accusés d'être "sans pitié", ce qui est presque un compliment en football. On dira du buteur qu'il a été habile, qu'il n'a laissé "aucune chance au gardien", qu'il l'a "fusillé", "à bout portant", ou bien qu'il possède une "frappe de mule", voire une "main à la place du pied". A noter que d'un handballeur, on ne dit jamais qu'il possède un pied à la place de la main, comme quoi c'est définitivement plus facile de marquer avec les membres supérieurs... Sans parler de l'arbitre, qui, lui, ne reçoit que des avis négatifs, au mieux : personne ne dira que l'arbitre a bien fait de ne pas annuler un but si celui-ci est valable. Sinon, il sera "aveugle", "incompétent", "mal placé" - ça c'est sûr, par rapport à une place en tribune de presse devant un ralenti... -, etc. Tout un catalogue, allant de la guerre à l'anatomie, dont la presse sportive de toutes sortes ne cesse de s'inspirer avec plus ou moins de bonheur.

Le but est si rare en foot qu'il est parfois absent de certains matches, entre 5 et 10 % des cas en moyenne. Le plus souvent, il est unique : ça arrive dans environ 20 à 25 % des matches en France. Dans ces cas-là, ils sont donc primordiaux, puisque décisifs. Mais la moyenne de buts par matches se situe entre 2,55 (en France) à 2,86 (en Allemagne). Il y a donc aussi beaucoup de buts inutiles, comme à 2-1 par exemple, mais tellement moins qu'au Hand, finalement.

Alors, imaginez l'étonnement d'un suiveur assidu du foot quand il se retrouve face à un tel spectacle : le hand. Obligation de tirer au but au bout d'une certaine possession de balle : une telle règle révolutionnerait le foot, mais est-elle applicable sur des terrains de 100 mètres quadrillés par 11 joueurs, et pendant 90 minutes ?

Il y a des défenseurs et des attaquants, mais au fond tout le monde fait les deux, et tout le monde marque, sauf le gardien. Tout le monde marque aussi au foot, mais dans des proportions nettement moindre. Ah, et puis difficile de s'habituer à un joueur qu'on aurait repéré ; l'instant d'après, il a disparu au profit d'un autre, qui lui relaissera sa place lors de l'action suivante. Finalement, le seul véritable point commun qui subsiste entre les deux sports, c'est le but. Mais on n'imagine pas les handballeurs fêter chacun de leur but de cette manière, sinon les matches seraient interminables...


Les stats moins utiles au Foot

En effet, il y a entre 40 et 50 buts en moyenne par rencontres : le but au hand est plus fréquent que les fautes, les touches, les tirs et les hors-jeux réunis au football. L'analyse d'un but y deviendrait anecdotique : un défenseur peut être nul sur une action et formidable sur une autre, même chose pour les attaquants. Résultat, les chiffres et les stats sont primordiaux pour analyser le niveau d'un joueur, nettement plus qu'au foot, où un joueur peut être considéré comme formidable sans la moindre statistique pour le prouver, ou nul malgré des chiffres édifiants. Exemple : un milieu défensif, genre Didier Deschamps. Pas de buts, pas de passes décisives, pas de duels aériens... juste l'activité, analysée en nombre de ballons récupérés. Un peu juste quand même. A l'inverse, un buteur à répétition peut être critiqué pour son égoïsme et son peu d'intérêt pour le collectif.

Le but semble ne pas avoir la même importance dans les deux sports, et pourtant, au hand, les rencontres se jouent souvent à un ou deux buts. Lors des derniers Championnats du Monde, entre la France et l'Espagne, il y avait eu match nul (28-28), une bizarrerie, une incongruité. Quasi aussi rare qu'un but, en fait.

A plus tard !

mardi 17 janvier 2012

Têtes brûlées

Salut à tous,

Y a un adage, dans le foot, qui dit qu'il vaut mieux ne pas trop trahir le moule qui nous a produit, si on veut faire carrière dans ce métier. Je ne sais d'ailleurs pas pourquoi on le réserverait au football, je pense qu'il doit fonctionner un peu partout dans notre société. D'ailleurs, je pense même que c'est exactement ce qui régit notre société. Mais je dévie un peu.

Il y a des exemples de joueurs atypiques dans leur comportement, et qui s'en sont à peu près sortis, sans pour autant respecter à la lettre le guide de bonne conduite du bon footeux. Par exemple, on peut citer Éric Cantona, qui a bien failli ne pas être l'immense joueur qu'il a été en Angleterre, après avoir fait à peu près n'importe quoi en France, à Marseille ou à Bordeaux notamment, sans parler de son passage improbable à Nîmes, juste avant son départ pour Leeds. Entre ces deux derniers clubs, il avait carrément annoncé sa retraite sportive... pas besoin, ensuite, d'énoncer ses faits d'armes dans le nord de l'Angleterre. Malgré un kung fu et quelques déclarations rigolotes, il reste une idole à Manchester, où des joueurs comme Beckham, Scholes ou Ronaldo ne sont pas parvenus à le déloger dans le cœur des supporters.

Plus près de nous, il y a Vikash Dhorasoo, qui n'a jamais réussi à s'intégrer dans un effectif, notamment à Lyon où Coupet lui aurait volontiers fait une tête au carré, alors que ses qualités exceptionnelles de football auraient sans doute du lui permettre de faire beaucoup mieux. Pourquoi ? Sans doute parce qu'il n'est pas de droite, ce qui ne doit pas être fréquent dans ce milieu, parce qu'il lit des livres, et possède un recul et un humour sarcastique peu compatible avec celui, plus proche du sol, de ses congénères. Son film, tourné pendant qu'il cirait le banc lors du Mondial 2006, est le point culminant d'une carrière terminée en point d'interrogation, mais qui l'a quand même vu briller à Lyon, voire même à Milan et au PSG. Pas si mal.

Toujours dans la série "surdoués incompris", notons la présence de deux joueurs au profil assez similaire, Mickaël Pagis et Jérôme Leroy. Le premier, faux avant-centre mais véritable sosie de Brad Pitt, comme le second, milieu polyvalent formé au PSG et qui n'a jamais cessé de changer de clubs au gré de ses envies, n'ont jamais été mus par autre chose que le plaisir de jouer, le jeu, l'esprit. Nonchalants, coléreux, eux aussi auraient pu viser plus haut que le statut de bons joueurs de Ligue 1. Mais ils n'ont jamais accepté de faire les sacrifices nécessaires pour cela, à savoir écraser les autres, faire le beau avec la presse pour obtenir de bonnes notes, céder à la langue de bois, respecter un plan de carrière précis... Non, ils suivaient leur cœur, leur instinct, sur et en dehors du terrain. Au final, même s'ils n'ont pas respecté le code, ils finissent ou ont fini leurs carrières respectives avec la reconnaissance, peut-être pas celle du milieu mais sans doute du public : ils étaient des joueurs purs, des diamants bruts, et qui en plus faisaient lever les stades. Même la presse, qu'ils n'ont pourtant pas vraiment caressé dans le sens du poil, les encense aujourd'hui. Comme Cantona, qu'elle avait pourtant tenté d'écraser à chaque incartade auparavant.

Et puis, il y a des joueurs qui, une fois avoir côtoyé ce milieu si particulier, décident carrément de saborder des carrières prometteuses. Et là, le public, bien aidé par des médias narquois, ne comprend pas : ces mecs ont l'occasion de faire un des meilleurs métiers du monde, souvent rémunéré très au-delà du raisonnable, alors que la crise frappe le monde, et ils refusent de le faire malgré des aptitudes très au-dessus de la moyenne ? Des petits cons, voilà ce qu'ils sont, c'est sûr et certain. Un avis péremptoire et définitif, comme le foot peut en générer si souvent.

Ainsi, il y a quelques mois, Javi Poves, défenseur du Sporting Gijon, en Espagne, décidait d'arrêter sa carrière, à 25 ans. Raison invoquées ? Pas une rupture du troisième ligament interne croisé de la malléole gauche, non non. Je cite : "Le football pro c'est seulement argent et corruption. C'est du capitalisme, et le capitalisme c'est mort. (...) Ce que je sais, c'est que je ne veux pas vivre prostitué comme 99% des gens (...) Je ne veux pas être dans un système qui se base sur les profits qui se font sur la mort d'autres personnes en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie. A quoi ça va servir de gagner 1.000€ plutôt que 800€ ? (…) Ce qu'il faut faire c'est aller dans les banques et les brûler, couper des têtes".

Un avis comme un autre, un peu puéril et paradoxal, mais que l'on devrait quand même respecter au plus haut point, pas forcément sur le fond, mais sur la forme, l'esprit. Poves a une conscience, et il la met avant tout le reste, notamment sa réussite sociale et financière. Un geste noble, même s'il peut paraître aberrant au premier abord. Mais qui peut reprocher à un footballeur de ne pas vouloir gagner des centaines de milliers d'euros par an - ou par mois - alors qu'on leur reproche justement l'inverse à chaque heure qui passe ?

Et puis il y a Kevin Anin, 25 ans lui aussi. Un mystère, paraît-il. Un joueur surdoué, une force de la nature, un milieu à l'abattage énorme, capable à lui seul de permettre, l'an passé à Sochaux, à Marvin Martin, Ryad Boudebouz ou Modibo Maïga de jouer au foot comme ils l'aiment, c'est-à-dire en ne défendant pas trop, puisqu'il le faisait pour eux. Cette année il joue peu, et ça se sent. Au Havre, son club formateur, il jouait milieu offensif droit, vous imaginez... un destin à la Makelele en quelques sortes, mais en plus rapide. Peut-être un peu trop, même.

Manifestement, il ne veut plus rester à Sochaux. On le comprend, certes, même s'il a forcément des devoirs envers son employeur. Bouder, c'est moche, ne pas s'entraîner et disparaître, aussi. Le garçon veut partir, point barre. Un comportement énervant, puéril, qui donnerait envie de lui coller quelques mandales si le gamin ne frôlait pas les 1m90 pour 90 kilos de muscles.

Mais je me rappelle d'une interview de lui dans l’Équipe, il y a quelques temps, où il y évoquait son dégout de ce milieu, qu'il n'avait pas forcément envie d'y traîner ses guêtres trop longtemps. Que lui voulait juste jouer au football, sans se prendre la tête, et qu'il était capable de le quitter quand il le voulait. Un peu ce que disait Cantona, à une époque.

Effectivement, on sent qu'il n'est pas heureux. Malgré son talent indéniable, peut-être devrait-il arrêter sa carrière pro. Si c'est pour signer à Nice... difficile d'y voir une amélioration sportive. A-t-il encore envie de faire les efforts pour réussir dans un milieu qui ne lui plait manifestement pas ? Jusqu'où veut-il aller ? Veut-il une carrière à la Pagis ou à la Leroy ? Il en a les moyens, mais dans ce cas il doit jouer, et ne plus se cacher. S'il veut faire comme Cantona, il est sur la bonne voie, mais il n'a pas intérêt à se planter dans ses choix futurs. Car le King a certes quitté certains clubs en claquant la porte... mais il a en a ouvert d'autres, avec beaucoup plus de discernement qu'il n'en paraissait à l'époque.

A plus tard !

lundi 16 janvier 2012

Reprise, reprise !

Salut à tous,

Voici donc comme promis mon premier retour sur la Ligue 1 sur ce blog. Une 20e journée qui a plutôt conforté les leaders, du moins lorsqu'ils ne s'affrontaient pas entre eux. Là, fatalement, ça a fait de la casse, évidemment pas irréversible mais qui demande une réaction assez rapide.

Lille et Lyon, auteur d'un match dantesque cette semaine en Coupe de la Ligue (2-1), sont les perdants de cette journée. En même temps, ils n'ont pas grand chose à craindre : lors de celle d'avant, c'était Montpellier le grand perdant... c'est chacun son tour. Le problème, pour les Gones, c'est qu'il s'agit déjà de leur 7e défaite de la saison en championnat. A titre indicatif, ils en avaient perdu 8 durant toute la saison passée, 6 l'année d'avant, et 7 durant les deux saisons précédentes. A moins que les hommes de Rémy Garde parviennent à ne pas encaisser plus d'une défaite d'ici à la fin de l'exercice, ils signeront leur plus mauvais score dans ce domaine depuis les 10 défaites de la saison 1999/2000. Heureusement, l'OL conserve une place dans le haut du tableau grâce à la victoire à trois points, et à leur très faible nombre de matches nuls : 2, personne n'a fait mieux cette année. Les Lyonnais n'ont pas fini à moins de 5 nuls sur toute une saison depuis 15 ans.

De son côté, à Marseille (2-0), le LOSC a tout simplement enregistré sa première défaite à l'extérieur en championnat, sur un doublé de Loïc Rémy. L'attaquant phocéen a déjà marqué autant de buts, toutes compétitions confondues (18), que durant toute la saison dernière. Le sosie de Thierry Henry a également marqué son 6e but sur 9 de la tête, c'est le meilleur cette saison, devant un spécialiste comme Olivier Giroud, qui n'en a mis qu'un seul... l'attaquant montpelliérain qui marque surtout du gauche (9), évidemment, mais aussi du droit (4), à l'image de ce week-end, contre Lyon. L'ancien Tourangeau a aussi prouvé qu'il pouvait marquer sans Belhanda...

Au-delà de l'anecdote "Ancelotti réussi ses débuts" rabâchée en boucle dans les médias (Kombouaré aurait aussi réussi ses adieux, s'il avait pu les faire), Paris a bien démarré l'année en dominant Toulouse, qui l'accompagnait en tête du classement des défenses, ce qui ne s'est pas vraiment vu (3-1), avec un nouveau système à trois milieux défensifs, et trois joueurs offensifs, mais sans pointe. Ce qui était drôle dans les différents compte-rendus, c'est que dans certains c'était Nene le plus en pointe, puisqu'il en fallait un, et dans d'autres c'était Ménez... difficile de faire une infographie dans un journal sans avant-centre. En même temps on a appris à en faire sans ailiers et avec quatre, voire cinq défenseurs, y a un début à tout... Depuis les années 60 les systèmes de jeu n'ont jamais cessé de se ratatiner sur leur but, passant de 5 attaquants et 2, puis 3 défenseurs, avant que les chiffres ne s'inversent dans les années 60, 70 et 80, la disparition de l'attaquant unique était sans doute inévitable... Lille, porté aux nues pour son jeu offensif, avait déjà tenté l'expérience cette semaine à Lyon, avec un résultat moins concluant. 

Paris chipe par la même occasion la deuxième place des attaques au champion de France (34 contre 33), derrière Montpellier, toujours intouchable (40), et conserve la meilleure défense, mais cette fois en compagnie de Marseille (18)... les deux clubs qui sont, sur les cinq derniers matches, les plus performants (13 points sur 15), devant un trio à 10 points, composé de Saint-Etienne, Bordeaux et... Ajaccio, qui a donc pris plus de points durant les quatre dernières journées que lors des 16 précédentes...

Rennes a également bien repris en s'imposant à Caen (0-2), performance qui ne semble pas hors de portée de grand monde en ce moment... le club breton qui est le seul à suivre le rythme du PSG à l'extérieur (18 points chacun), mais avec deux matches de plus. Dijon est également bien revenu des fêtes, en disposant d'Evian (3-1). Voilà un promu qui fait plaisir : du jeu, un entraîneur qui riches d'idées novatrices mais pas sans ambition, une défense centrale apocalyptique, quelque soit sa composition, et qui promet encore de belles soirées à ses spectateurs, et des joueurs offensifs qui sont plus que des révélations : ce sont des miracles. Entre le meneur de jeu qui ne voulait pas être pro, qui évoluait y a 3 ans en cinquième division et qui ressemble étonnamment à Ben Stiller (Corgnet, 8 buts), et Brice Jovial, attaquant guadeloupéen passé anonymement par le Racing, Cannes, Charleroi, Namur, Moissy-Cramayel, Beauvais puis Le Havre (13 buts en Ligue 2 l'an passé), et également auteur de 8 buts, voilà un beau duo de caïds inattendus qui renouvellent avantageusement le cheptel offensif de la Ligue 1. Allez parier sur un truc pareil en début de saison... 

Enfin, je ne peux que m'inquiéter pour Evian T-G, qui avait réussi un très bon début de saison avec Casoni, et un recrutement plus que malin, avec quelques internationaux Danois notamment (Andersen et surtout Wass, avant Kahlenberg cet hiver)... mais qui a peut-être tout cassé en virant Casoni pour introniser Pablo Correa. J'ai vraiment de gros doute sur la pertinence de cette décision, du moins sur le plan sportif, bien sûr. J'en ai moins sur les dégâts que le technicien uruguayen, qui fait partie des plus gros fossoyeurs du beau jeu en Ligue 1, avec le Toulousain Casanova, après des années à blinder tout ce qui bouge à Nancy, pourrait faire à un collectif qui paraissait bien rôdé.

Au classement, ce qui est intéressant c'est de constater la formation d'un grupetto, derrière les deux locomotives devant (PSG, 43 points, Montpellier, 40), entre Lille, battu (36 points), et Saint-Etienne (33 points). Entre les deux, Lyon et Rennes (35) et Marseille (34). Ensuite, Toulouse est un peu lâché avec ses 31 points, mais en compte tout de même 5 d'avance sur Bordeaux, 6 sur Lorient et 7 sur Brest. Enfin, d'Evian (12e avec 22 points) à Ajaccio, dernier avec quatre unités de moins, c'est l'usine à gaz... ça risque de pas mal bouger durant les prochaines semaines.

Au classement des buteurs, Giroud a donc conforté sa première place avec ce 14e but. Son dauphin, Gameiro, qui risque de vivre une deuxième partie de saison compliquée, malgré le meilleur démarrage d'année de sa carrière (9 buts), a été rejoint par son coéquipier Nene et par Loïc Rémy. Derrière, grâce à son but - inutile - à Ajaccio (2-1), Oliech (Auxerre) en est désormais à 8 buts, soit le double de son total lors des deux dernières saisons, son record aussi jusque là... A noter aussi l'étonnante saison de Jirès Kembo (Rennes), qui en est à 8 buts en... 930 minutes. Soit un but toutes les 116 minutes, mieux que Giroud (122) ou Lisandro (132).

Pour les passeurs, je vous préviens tout de suite : je ne compte pas les passes décisives sur coup de pieds arrêtés. J'ai rien contre, mais je trouve juste intéressant de voir les joueurs plus habiles dans le jeu à donner de bons ballons, que ceux capables de tirer un bon corner ou un coup-franc, pas embêtés qu'ils sont par le rythme du match ou par des adversaires. Pour moi, ce n'est juste pas la même chose. Dommage pour Valbuena, qui n'en a fait que 3 dans le jeu, sur 10...

Donc dans le jeu, Jérémy Ménez (PSG), parait-il incapable de lâcher un ballon, a signé sa sixième passe décisive, soit le meilleur total de la Ligue 1, devant Bastos, Giroud et... Civelli (5). Forcément, le défenseur argentin de Nice les a fait sur coup de pieds arrêtés, mais ce n'était pas lui qui les tirait... 

D'une manière générale, on a marqué 25 buts, ce qui n'a donc pas affecté la moyenne de buts par matches, qui était - et est toujours - de 2,55. Quinze d'entre eux l'ont été du droit, soit 60 %, un peu plus que la moyenne (55 %), 5 du gauche et 5 de la tête. Malgré la CAN, les Africains (129 buts cette saison, devant les Sud-Américains - 57 - et les Européens - 46), ont une nouvelle fois brillé sur les terrains de Ligue 1, puisqu'ils ont marqué six fois, autant que les Sud-Américains, dont 4 pour les Brésiliens, qui ont reçu cet hiver le renfort de l'Ajaccien Eduardo, prêté par Lens, et qui a marqué dès sa première apparition contre Auxerre.

On a peu marqué à l'extérieur (8 sur 25, contre près de 41 % en temps normal), à l'image d'une journée à 8 succès à domicile contre 1. La Ligue 1 n'a également marqué aucun but sur coup-franc, ce qui n'est pas étonnant vu qu'elle pointe dans ce domaine à 3,82 %. Plus étonnante, l'absence de pénaltys, spécialités où elle brille déjà plus (presque 10 %). Grâce au but tardif de son (très) jeune défenseur Kurt Zouma, son deuxième personnel à 17 ans et 3 mois (!), Saint-Etienne est devenue la meilleure équipe dans le dernier quart d'heure avec 5 points glanés, devant Lorient et Toulouse (4). Il faut dire que l'ASSE faisait face au dernier de ce classement (-5 points)... Il n'y a eut que 5 buts en fin de match - dont deux entre Nancy et Lorient (2-2), soit 20 %, un peu moins que d'habitude, environ 23-24 %.

Pour finir, je vais tenter une petite équipe type, qui devrait revenir à chaque journées... je n'ai pas vu tous les matches, aussi vais-je me contenter de me baser sur les chiffres, les gestes décisifs. Je n'ai pas mis de gardien, j'en mettrais quand ils arrêteront des penaltys par exemple.


Voilà, j'espère avoir été assez complet et exhaustif... A plus tard !

samedi 14 janvier 2012

Tous derrière et lui devant ?

Salut à tous,

Voilà, on y est, la Ligue 1 reprend ! Depuis la reprise on a eu beau se passionner pour la Coupe de France et vie trépidante et émouvante des amateurs de Locminé ou de Chantilly, ou pour la Coupe de la Ligue et les commentaires de Kader Boudaoud, et sa perpétuelle laryngite, rien ne vaut notre bonne vieille Ligue 1, ses 1-1 hargneux, ses hors-jeux d'un millimètres et discutés pendant des heures et ses sempiternelles "surprises". Du moins, pas avant le reprise de la Ligue des Champions et le début de l'Euro...

Cette année s'annonce passionnante, mais étrangement la raison qui explique ce regain d'intérêt pour le marathon national nous ferait presque penser aux époques marquées, en France, par la domination presque exclusive d'un club sur les autres, une équipe qui aurait déjà engrangé trois ou quatre titres et qui compterait une dizaine de points d'avance à la trêve, devant un peloton déjà résigné à disputer les places d'honneurs. On a connu ça ponctuellement, et rarement avec les mêmes : Lille dans les années 40, Reims dans les 50's, Nantes et Sainté durant la décennie suivante, les Verts dans les 70's, puis Bordeaux et Nantes dix ans plus tard, Marseille à la jointure des deux dernières décennies du XXe siècle, et enfin Lyon, qui n'a laissé que trois championnats à ses congénères dans les années 2000.

Et pourtant, vous le savez, on est très loin du compte.


Le PSG, puisque c'est lui dont il s'agit, n'a plus été champion depuis l'an de grâce 1994, à l'époque ou Mamadou Sakho n'était encore qu'un bambin à la coiffure sage, et le Qatar qu'un arrondissement méconnu  mais déjà bien portant de l'Arabie Saoudite. Ces dernières saisons, hormis la précédente, terminée à la quatrième place alors que le club parisien avait, déjà, sans doute les moyens de faire mieux s'il n'avait pas raté son mois de mai, il avait brillé, selon ses habitudes en temps de crise, plus dans les pages des faits-divers que dans la rubrique sportive, se qualifiant chaque années paires pour sa Ligue Europa chérie par l'entremise des Coupes nationales, qui lui ont permi l'exploit de talonner Lyon au nombre de titres durant la dernière décennie...

De plus, malgré sa place de leader, il est loin de présenter les mêmes garanties techniques et tactiques que les rouleaux compresseurs évoqués un peu plus haut, et les trois petits points d'avance qu'il compte ce matin sur Montpellier semblent bien fragiles. Il paraîtdonc logiquement ubuesque de comparer le PSG à ses illustres et supposés prédécesseurs...

Malgré ça, on a le sentiment que le challenge de toute la Ligue 1 va être de gêner aux entournures le terriblement ambitieux projet de QSI, le propriétaire qatari du club parisien, aux moyens encore jamais vu dans notre pays. Jamais un club n'avait autant dépensé durant une saison en transferts, ni payé 42 millions d'euros pour débaucher un joueur... et ce n'est peut-être pas fini. "Peut-être", parce que pour l'instant, hormis la venue très opportune de Maxwell, à un poste, latéral gauche, où la qualité, plus que la quantité (Tiéné, Armand, Ceara...), semblaient manquer, pas sûr que la star rêvée par Leonardo et son patron, Nasser El Khelaïfi, débarque durant le mois de janvier, après les échecs enregistrés pour Beckham et de Pato, et celui, probable, sur Tévez.

En attendant, il suffit de lire les déclarations ce week-end d'Alain Casanova, l'entraîneur de Toulouse et adversaire, ce soir, du club parisien ("En football, tout ne s'achète pas. Il y a des choses très importantes : le travail, la sueur, la mentalité, le collectif. Après, la qualité individuelle règle pas mal de problèmes, on l'a vu au match aller contre eux, mais j'aime beaucoup le jeu collectif"), qui font écho à celles de Christian Gourcuff à l'entame de la saison, démontre que le club parisien n'en a pas fini avec ces challenges, contre des équipes remontées comme jamais à l'heure de disputer le match de leur saison. Ce n'est pas nouveau, mais ça n'avait jamais atteint ce niveau, même à la grande époque Ginola-Weah-Valdo...


En dehors de cette course à l’échalote, on surveillera bien sûr la reprise du dauphin actuel du leader, Montpellier, qui devra faire sans le complément parfait d'Olivier Giroud, Younès Belhanda, parti à la CAN avec le Maroc. A priori, même si Giroud n'a jamais marqué en l'absence du meneur de jeu héraultais, le MHSC semble avoir les moyens de perpétuer ses bonnes performances en 2012. Le jeune Rémy Cabella (21 ans), appelé a priori à lui succéder durant ce mois de janvier, est mieux qu'un remplaçant, on l'a vu briller avec les Espoirs mais aussi avec Arles-Avignon l'an passé - si si, je vous assure -, où il avait été prêté, même si lui aussi a succombé à la mode pour le moins déplorable du renard mort en guise de coupe de cheveu. J'ai de sérieux doutes sur l'avenir du monde à regarder la jeunesse se perdre dans de telles tentatives capillaires. Heureusement, ils ne jouent qu'au foot...

Evidemment, il faudra surveiller le comportement des autres prétendants au podium, voire au titre, au nom un peu plus souvent associés à ces challenges que leur voisin languedocien : Marseille, un peu décroché et privé de Diawara et des Ayew mais portés par un duo Amalfitano-Valbuena en état de grâce, et avec peut-être un bon Brandao, sait-on jamais ; Lyon et sa défense privée de ses quatre (!) défenseurs centraux et de ses deux défenseurs droits, mais avec des Bastos et Lisandro stratosphériques, et Lille qui a montré une nouvelle fois ses limites à Gerland cette semaine (2-1), à savoir sa difficulté à contourner un bloc défensif solide et plus mature tactiquement, à l'image de sa saison en Ligue des Champions. Mais ces trois équipes ont largement les moyens de bousculer la présumée hiérarchie... On tentera aussi de voir si nos inquiétudes concernant des équipes comme Sochaux, Auxerre, Nice et bien sûr Nancy, en ce qui concerne la maintien, sont légitimes. Bonne nouvelle pour ces équipes, auxquelles on pourrait rajouter Valenciennes : il n'y aura que trois relégués, comme d'habitude, et l'AC Ajaccio, malgré une bonne fin d'années 2011, semble déjà avoir pris une petite option sur une des trois places pour la prochaine Ligue 2.

On en reparle lundi, et n'hésitez pas à donner votre avis sur cet article !